Le Nouvel iPad est entre nos mains depuis déjà deux mois et demi et les rumeurs autour de son successeur émergent déjà, bien que l’iPhone 5 (si tel est son nom) défraye la chronique à l’approche de la WWDC. Que faut-il espérer de ce futur iPad ? Quand pourrait-il voir le jour ? Analyse.
Apple a pendant longtemps dicté au marché le chemin à suivre. L’arrivée de l’iPhone et de l’iPad a profondément transformé l’informatique tel qu’il était présent il n’y a de ça qu’une dizaine d’années. Désormais l’information et l’outil de travail sont dans notre poche. Mais il semble aussi que l’émancipation de Samsung, qui appuie malgré lui sur la tête de Google pour atteindre les étoiles, s’accompagne d’un possible renversement de la tendance. (âme fragile de fanboy s’abstenir)
Alors oui, le designer de Samsung est face à de vives reproches, l’accusant de baser tout d’abord son travail sur ce que fait Apple (Samsung Galaxy S2) puis plus récemment avec le Galaxy S3, sur ce qu’Apple interdit de faire. Certes il faut nuancer mais la vérité n’est peut être pas si loin. Samsung en tête, suivi de tous les constructeurs d’androphones, a fait évoluer le marché et les attentes des consommateurs, en développant davantage la culture geek que celle des usages. Je m’explique, vous comprendrez ainsi pourquoi “Samsung appuie sur la tête de Google”.
Le contexte: la marque coréenne a fait son premier pas sur le domaine du mobile que très récemment. Il faut dire que le géant de l’électronique a connu une illumination venant de Californie avec l’iPhone en 2007. Ni une ni deux, il fallait un système d’exploitation à intégrer aux smartphones coréens: Google avec Android était le candidat rêvé, développant un système open source et s’assurant lui même d’une grande partie des services connectés. Ce modèle économique, encore incertain tant Google gagne encore peu d’argent avec Android, favorise la fragmentation du marché et Google est désormais le Microsoft du mobile, présent partout et sur tout, du feature-phone au smartphone le plus évolué.
A partir de ce moment, difficile pour Google de contrôler l’expansion de son système et pour les constructeurs, difficile de s’imposer comme le meilleur androphone. (sans compter la multitude de versions d’Android disponibles)… Mais nous ne sommes pas là pour parler de l’efficacité de la “méthode Google”. Samsung a alors développé deux choses. La première est ce que l’on peut appeler une “communication geek”, destinée à bourrer le crâne du client par des termes barbares de SoC, RAM, ROM, Carte mémoire, LCD, OLED, etc afin de lui faire comprendre qu’il ne pourra pas trouver mieux. De fait, étant donner qu’aucun autre constructeur (ou presque) agit de la même manière, le client peut avoir tendance à croire Samsung sans réfléchir davantage. La deuxième a connu un véritable essor avec le galaxy S3, il s’agit de la surcouche logicielle. En effet, pour différencier et ajouter de la valeur aux services Google présents également sur tous les Androphones, les constructeurs peuvent décider de modifier Android à leur guise. La plus réussie, au passage, est celle de HTC sur le HTC One X. Ainsi Google passe de plus ne plus dans l’ombre de ses clients, ses services étant mêmes concurrencés par les solutions propriétaires de ceux-ci.
Les clients se sont donc rendus compte que l’iPhone, qui propose pourtant la meilleure expérience utilisateur, ne rassemble pas forcément tous les composants les plus performants dans leur domaine. Les clients font donc la différence entre divers niveaux de préférence, puissance (=fluidité), écran (=ergonomie visuelle), dimensions de l’appareil (=ergonomie de prise en main) et connectique. Aujourd’hui, l’ordre des priorités met en avant l’écran, que ce soit sa résolution (les clients recherchent de la HD, même si c’est discutable) et la taille de la diagonale.
Voilà comment Apple est amené à se plier à la stratégie de Samsung qui a été un des premiers à dégainer des smartphones de très grandes tailles avec récemment le Galaxy Note de 5 pouces.
Revenons-en désormais à notre domaine de prédilection, la tablette. Apple peut encore voir venir avec son iPad, représentant 80% des ventes de tablettes dans le monde, et les évolutions technologiques sont toujours initiées par Apple: la course est lancée du côté android pour produire l’écran avec la plus haute résolution. Mais ne faut-il pas se demander si Apple verrait dans l’iPhone le futur de l’iPad ? C’est à dire un appareil toujours très demandé mais qui ne ferait plus rêver l’ensemble des consommateurs: geeks, lambdas, connaisseurs… ? En tout cas, les constructeurs ne sont peut être pas si loin de dépasser techniquement l’iPad : processeurs quadcore de la Asus Transformer, autonomie record de la Acer A510, épaisseur des galaxy Tab.
Comment devrait agir Apple selon nous ? En diversifiant sa gamme d’iPad. Le Nouvel iPad est vraiment super, iOS 5 remplit bien son boulot, mais pour un prix aussi élevé que celui de l’iPad, Apple devrait permettre aux consommateurs de faire le choix entre un modèle sans compromis technologique plus cher qui serait produit dans des quantités moindre que l’iPad actuel, et une version moins chère, autour de 300 euros, avec un écran de 7 pouces, offrant le même panel de services que l’iPad haut de gamme. Il ne s’agit pas de rompre avec le modèle économique d’Apple : MacBook Air et MacBook Pro sont disponibles en tailles et caractéristiques différentes, sans qu’un modèle en cannibalise un autre dans une même famille. Il s’agit davantage à Apple d’apprendre à donner la parole aux clients et devenir plus modeste.
Quels seraient les spécifications techniques de ces appareils ? Gageons qu’Apple mette les pieds dans le Cortex A15 et la gravure en 32 nanomètres une bonne fois pour toute. Les deux appareils pourraient ainsi avoir le même CPU, une autonomie différente, une taille/techno d’écran évidemment différente et des capteurs photos différents. On peut ainsi imaginer l’iPad “low cost” avec un écran IPS 134ppp (comme l’iPad 2) et un iPad 4 avec un écran IGZO 264ppp.
Quand Apple pourrait les mettre en rayons ? la question est complexe et quelque soit le choix d’Apple (qui peut d’ailleurs ne se résigner à cette possibilité qu’en 2014), il sera discutable. Les possesseurs de Nouvel iPad seront quelques peu déçus de voir leur appareil déjà dépassé et Apple ayant beaucoup d’espérances de ventes en chacun de ses produits, il se peut que Tim Cook refuse d’en changer trop vite. Fin 2012/début 2013 nous semble un bon compromis pour présenter deux versions différentes, car alors Apple sera toujours “maître” des unités de production et d’ici là, les constructeurs Android n’auront pas encore commercialisés de réelles avancées technologiques. Tout va se décider dans les mois à venir.
Stay Tuned.






