Kindle Fire : à quoi sert Silk ?

Avec son navigateur « Silk », Amazon promettait aux utilisateurs d’améliorer leur vitesse de surf en mettant à leur disposition une partie de la puissance de ses Datacenters. Après des tests approfondis, il s’avère qu’on est bien loin du compte, puisque les pages sont… plus longues à se charger en utilisant les services Amazon !

 Le Kindle Fire est une petite tablette 7″ possédant un rapport qualité / prix très compétitif et elle ne manque pas d’atouts. Pourtant, une des caractéristiques se voulant attrayante de la machine laisse les observateurs dubitatifs depuis le début : son navigateur internet « Silk ». Son principe reprend celui d’Opera Turbo ou de Skyfire. Ici, le navigateur se connecte aux serveurs d’AWS (Amazon Web Services) et ces derniers s’occupent d’aller chercher les pages web et de « prémâcher » le travail de rendu pour la tablette. Faire passer toutes vos donnés de surf via des serveurs tiers soulève des problèmes de sécurités et de respects de la vie privée. Amazon avait partiellement répondu aux préoccupations par un certain nombre de révélations rassurantes sur le fonctionnement interne de cette « Cloud Acceleration ». Bien que cela ne fût pas totalement satisfaisant, on pouvait toujours se dire que les bienfaits du service seraient tels qu’ils feraient oublier les inquiétudes. Et bien c’est mal parti.

Heureusement, il est possible de désactiver les « services » AWS dans Silk, tout le chargement et le rendu sont alors effectués localement par la tablette. Les temps de chargement de trois pages web classiques, relativement lourdes, ont été chronométrés avec et sans l’accélération. Les résultats se trouvent dans le tableau ci-dessous. La conclusion est sans appel : les pages sont plus longues à se charger avec « l’accélération » !

Amazon prétend également que ce mécanisme réduit le besoin en bande passante en compressant le contenu des pages. Là encore, des tests (graphique ci-dessous) ont été effectués sur plusieurs sites et le résultat est assez net : c’est vrai, mais dans des proportions modestes puisqu’un maximum de 10% d’économie est constaté. De telles économies de bouts de chandelles pourraient à la rigueur avoir un intérêt lors du surf en 3G, sauf que le Kindle Fire est uniquement Wifi…

En utilisant le tethering avec un smartphone, on peut néanmoins utiliser le Kindle Fire en 3G, les résultats ci-dessous montre que même dans ce cas de figure, l’accélération est néfaste aux performances.

Si les pages mettent plus de temps à se charger alors qu’elles sont compressées, c’est que le taux de transfert vers les serveurs Amazon est plus faible que celui vers les serveurs d’origines des sites visités. Les performances pourraient donc être meilleures si on surfe sur des réseaux plus lents, mais cela reste à vérifier.

En conclusion, il est clair que l’accélération via AWS est inutile et même néfaste aux performances. Pourquoi Amazon l’a-t-il mise en œuvre alors ? Il a deux possibilités. Soit ces mauvais résultats sont temporaires et seront grandement améliorés dans un avenir proche, le temps qu’Amazon adapte ses services et mette à jour sa tablette. Soit cette « accélération » vise un tout autre but que l’amélioration de l’expérience de l’utilisateur… Alors qu’en pensez-vous ? Que pourrait faire Amazon de toutes les données qui passeront par ses serveurs ? Une petite théorie du complot ??

Source 

 

A propos de l'auteur

Année 1983, un TRS 80, le coup de foudre. Depuis cette tendre époque, j’aime les machines, et elles me le rendent bien (n’allez pas vous faire des idées quand même hein ?). J’ai beau être officiellement prof de math, ce n’est qu’une couverture. Mon intérêt touche pratiquement tout ce qui contient un microprocesseur. Quant aux tablettes tactiles ? En reprenant le flambeau (ardent) de l’informatique personnelle à nos bons vieux PC, elles sont tout simplement les dignes héritières de mon TRS-80 : donc elles m’intéressent !

D'autres billets par | Visiter le site de Guillaume Poggiaspalla