Après Amazon et Barnes & Noble, c’est au tour de Kobo de se lancer dans l’aventure des tablettes avec sa première création, la Arc.
On assiste depuis un an à un déplacement des constructeurs de liseuses de livres numériques vers les tablettes. Le premier à avoir procéder à cette diversification fut Amazon. Tout d’abord le géant de l’internet a conquis le marché américain avec sa liseuse Kindle, puis lorsque l’iPad d’Apple est sorti en 2010, Amazon a joué sur la différence de confort de lecture entre son Kindle et la tablette d’Apple.
Puis, il y a environ un an, Amazon a lancé sa première tablette, la Kindle Fire, une petite tablette de 7 pouces conçue pour consommer du média (livres, films, séries). Amazon avait alors modifié visuellement Android pour qu’aucune personne ne pût soupçonner qu’il y eu une part de Google dans sa tablette. A moins de 200$, la Kindle Fire d’Amazon a vite conquis le marché américain comme l’avait fait la liseuse Kindle; aujourd’hui, le géant américain posséderait 20% de parts de marché.
Cette aventure d’Amazon a bien évidemment inspiré Barnes & Nobles qui lança la Nook tablet, malheureusement avec moins de succès.
Cette année, Amazon a lancé sa deuxième génération de tablette : les Kindles Fires HD (7 et 8.9 pouces), et Barnes & Nobles en ont fait de même avec la Nook Tablet HD.
Parallèlement à ces annonces, Kobo a aussi décidé d’entrer dans le jeu en dévoilant sa Kobo Arc : un petite tablette de 7 pouces qui bénéficie comme élément différenciateur, du catalogue de l’entreprise canadienne.
Enfin, tout comme les Kindles Fires HD et la Nook tablet HD, la Kobo Arc s’appuie sur Android (il s’agit ici d’Android 4.0 Ice Cream Sandwich) ; notre test aura pour objectif de déterminer si à performance/autonomie équivalente, le catalogue virtuel de Kobo est plus intéressant, pour nous, Français que celui d’Amazon.
Design
Le design de cet Arc est grandement emprunté au lecteur de livre numérique de Kobo : on retrouve le même form-factor et le même type de plastique utilisé.
La tablette est plus lourde et plus épaisse qu’une Nexus 7 ou un iPad mini. Et d’un point de vue finition, on est loin d’atteindre les standards d’Asus et surtout d’Apple : les plastiques craquent sous la main, la faute à une coque arrière escamotable (du jamais vu sur une tablette !) et à un écran enfoncé dans un châssis de plastique. Il est à noter d’ailleurs qu’il n’y a pas une trace de métal visible qui pourrait rigidifier le tout ou même apporter une impression de solidité.
Le bon point, c’est que la batterie est accessible et pourra donc être changée lorsqu’elle montrera des signes de faiblesses.
Aussi, la coque arrière est recouverte d’un plastique soft-touch agréable au toucher et moins sujet aux rayures que le plastique glossy ou l’aluminium brossé.
La face avant arbore donc un écran IPS de 7 pouces en résolution HD (1280×800 pixels) d’une densité de 215 ppi1. Mon principal problème vient du fait qu’il soit sous les bordures en plastiques entourant la tablette. Il est ainsi plus dur d’accéder aux bords de l’écran… c’est ce qu’on a pu voir sur des tablettes Archos par exemple.
Du reste, les couleurs et la luminosité sont aussi bonnes que ce que l’on peut voir sur un Amazon Kindle Fire HD ou une Nexus 7.
De chaque côté de l’écran, on retrouve deux hauts-parleurs délivrant un son stéréo, et un combo caméra frontale, microphone et capteur de luminosité. Pour ce qui est des hauts-parleurs, malgré un léger manque de puissance, ils délivrent un son correct. D’ailleurs, on peut régler leurs niveaux de basses et de profondeur (effet 3D surround) avec une application dédiée.
La tranche basse accueille le port microUSB servant au rechargement de la tablette et aux transferts de fichiers entre elle et votre PC.
Le bouton Marche/Arrêt et une petite diode de notification (signalant le manque de batterie, la recharge et les mails/réseaux sociaux) sont sur la tranche haute.
Le bouton volume + / – et le port audio se situe sur la tranche droite. L’emplacement du port audio est assez inhabituelle pour une tablette de ce genre : la majorité des tablettes 7 pouces sont conçues pour être tenues en mode portrait, elles ont donc leurs ports audios en haut ou en bas de la tablette. La Kobo Arc est aussi conçue de cette manière, mais son port audio se trouve aux mêmes endroits que les tablettes 9-10 pouces, sur la tranche haute lorsque vous la tenez en mode paysage.
Dès le départ, nous sommes face à une tablette qui ne cherche pas à être au niveau de ses concurrentes. Pourtant, elle est au même prix que celles-ci (à partir de 179€ en version 8Go, et 199€ pour la version 16 Go) et même plus cher que la Kindle Fire HD… Force est de constater alors que cette Kobo Arc ne peut rivaliser avec la stratégie-prix d’Amazon et de Google/Asus (n’y incluons pas Apple, car plus cher), mais peut-être que son catalogue pourra lui permettre de se rattraper.
Au coeur de la Kobo Arc :
- Ecran LCD IPS de 7 pouces – résolution 1280 x 800 (densité de 215 ppi)
- Processeur double-coeurs Texas Instrument OMAP 4470 cadencé à 1,5 GHz
- Processeur graphique PowerVR SGX544
- 1 Go de RAM
- 8 Go, 16 Go ou 32Go de stockage interne
- Caméra frontale de 1,3 mégapixels
- Connectique sans fil : Wifi a/b/g/n, Wifi Direct, DLNA
- Ports : port audio jack 3.5 mm, microUSB
- Batterie : autonomie annoncée de 10 heures en utilisation constante
- Senseurs de mouvements : gyroscope, accéléromètre, boussole
- Autre : puce A-GPS pour la géolocalisation
- 189 x 120 x 11 mm – 364g
- Prix des versions : 8 Go à 179€ / 16 Go à 199€ / 32 Go à 249€
Interface & Ergonomie
Cette Kobo Arc dispose d’Android 4.0 Ice Cream Sandwich, une version d’Android plus aboutie que Gingerbread (2.3) et Honeycomb (3.0/3.2) mais en retard par rapport à Jelly Bean (4.1/4.2).
Il est peu probable que Kobo mette à jour sa Arc sous la dernière version d’Android, malgré un possible gain en réactivité et en fluidité que cela pourrait apporter. Toutefois, le principal est que la Arc réagit correctement sous Android 4.0 ICS ((Ice Cream Sandwich)).
Aussi, Kobo a utilisé une version modifiée de l’accueil de l’OS de Google.
Cet accueil modifié n’est pas découpé en bureau (ou en une succession de pages), le défilement se fait toujours horizontalement, mais il n’y a plus d’à-coups. De plus, un dock en bas de l’écran fait son apparition, il affiche vos livres disponibles à la lecture, et on peut aussi y faire défiler les éléments.
Les dossiers (appellés ici “tapisseries”) peuvent contenir des raccourcis d’applications et des widgets.
Ici, on peut voir la tapisserie “Réseaux sociaux” avec les raccourcis vers les applications et aussi les widgets.
Personnellement, je trouve que c’est visuellement moins esthétique et presque moins pratique que l’interface de base d’Android. Par exemple, sur Android, les widgets permettent d’accéder à une information rapidement sans ouvrir d’application. Mais ici, ils sont dans des dossiers qu’il faudra ouvrir pour accéder au widget, et donc à son information.
En dehors des changements visuels de l’accueil et des applications spécifiques à la Arc, Kobo n’a pas touché au reste d’Android, on retrouve donc toute la patte de Google dans les menus, paramètres etc… de la tablette.
Cette customisation peu profonde d’Android permettra peut-être à Kobo de mettre à jour sa tablette sans trop d’effort, ou en tout cas, aux bidouilleurs d’avoir le champ libre pour s’adonner à leurs plaisirs. Enfin, comme la Kobo Arc a accès au Google Play Store, il est possible d’installer un launcher alternatif comme LauncherPro, Nova launcher, etc.
Utilisation
Nous voilà dans le coeur du sujet : quel contenu offre la Kobo Arc ? Sur ce point, l’Arc devrait avoir une corde en plus à son … arc.
Ainsi, sur la Kobo Arc, vous aurez accès au catalogue de livres de Kobo, soit plus de 2,2 millions livres, dont plus de 200 000 ouvrages en Français.
L’application Kobo est plutôt bien faite, elle permet d’acheter des livres, de télécharger des extraits, d’avoir des recommandations de livres en fonction de ce que vous lisez et achetez; et une fois en train de lire, vous aurez même accès à plusieurs autres fonctions :
- Kobo pulse (lecture sociale) : cela vous permet de commenter un livre et d’avoir accès aux commentaires des autres lecteurs sur ce livre. C’est le genre de fonctions qui doit faire fureur dans club de lecture…
- Reading life vous permet d’avoir un historique de vos achats et de vos lectures actuelles, et pouvez aussi de le partager via Facebook.
- Les recommandations : vous avez aussi la possibilité de “dire” si vous aimez une liste de livres, la Kobo Arc vous proposera alors des livres susceptibles de vous plaire, basé sur votre classement initial.
Enfin, si vous avez acheté des livres numériques ailleurs, il vous suffit de les télécharger sur la Arc et de faire une recherche via l’application Kobo.
Applications
Et pour les autres applications, Kobo a chargée sa Arc avec :
7Digital : une application d’achat et de téléchargement de musiques.
Press Reader : l’application qui vous permettra de vous abonner à un journal (mondial et français) et de le recevoir quotidiennement.
Zinio : cette application fait à peu près pareille que Press Reader, mais son contenu est mieux découpé et plus complet pour la France.
Rdio : un concurrent de spotify qui permet comme ce dernier d’écouter de la musique (abonnement payant).
Notons tout de même que les applications 7Digital, Zinio et Rdio sont disponibles sur le Google Play Store, et donc accessibles sur toutes les tablettes. Il ne s’agit pas d’un contenu exclusif à la Kobo.
Performances & Autonomie
Performances
Comme les tablettes d’Amazon et d’Archos, cette Arc de Kobo est équipé d’un processeur à double-coeurs TI Omap 4470 cadencé à 1,5Ghz, épaulé de 1 Go de RAM et d’un processeur graphique PowerVR SGX544. C’est évidemment moins puissant qu’un processeur à quatre coeurs de Nvidia ou de Samsung, mais cela reste une solution matérielle qui délivre des performances très honorables.
Antutu ci-dessus et Quadrant ci-dessous évaluent les performances globales de la tablette.
En revanche, Nenamark 2 s’intéresse plus à la puissance graphique de la tablette.
Comme attendue, le petit processeur de Texas Instrument se débrouille plutôt bien face à la concurrence sous Android.
Autonomie
Soumise à notre test maison2, la Kobo Arc fait moins bien que la Nexus 7, et encore moins bien que l’iPad Mini. Néanmoins, vous aurez l’assurance de pouvoir regarder un film de 1h30/2h00 en très haute qualité et de pouvoir lire votre livre préféré pendant le reste d’un trajet Paris – New York.
Conclusion Kobo Arc
D’un point de vue strictement matériel, cette Kobo Arc ne rivalise pas avec la Nexus 7 de Asus/Google ou les Kindle Fire HD d’Amazon; mais il était évident que l’entreprise canadienne ne pourrait se permettre de vendre une tablette au même prix que ces deux mastodontes en proposant le même niveau de finition.
Cependant, on pourrait mettre en avant son catalogue de livres. Celui-ci est bien fourni pour nous autres francophones du fait de son partenariat avec la Fnac. Mais le problème, c’est que vous pouvez y avoir accès partout, sur tous les appareils Android et iOS grâce à l’application Kobo disponible sur les marchés d’applications.
Donc quel est l’intérêt d’acheter une Kobo Arc si vous pouvez avoir la même richesse de contenu sur une tablette avec une meilleure finition ?
C’est bien ça le problème : si vous achetez une Nexus 7 aujourd’hui, vous aurez pour 199€ le modèle 16 Go. Dessus, vous installez les applications Amazon Kindle et Kobo by Fnac. Avec le Play Store de Google (Films, Musiques, Livres),vous aurez ainsi la tablette la plus puissante, l’une des mieux finies, et accessoirement la seule tablette ayant Android à jour.
Dès lors, il est évidemment impossible de pouvoir vous conseiller la Kobo Arc 16Go et 32Go respectivement à 199€ et 249€ car elles sont en concurrence directe avec la Nexus 7.
Ne reste que la Kobo Arc 8 Go au tarif (encore trop cher selon moi) de 179€. Pour vraiment avoir un impact sur le marché, cette Kobo Arc devrait avoir un prix de 149€. Elle représenterait alors la tablette permettant une bonne transition entre le lecteur de livre numérique et une tablette plus grande (8 à 10 pouces). Une tablette qu’on pourrait conseiller en disant “Voilà, vous voulez acheter votre première tablette sans vous ruiner. Choisissez celle-là”.
Pour finir, et comme vous l’aurez sûrement déjà compris, ce n’est pas foncièrement une mauvaise tablette, mais elle ne possède aucun élément différenciateur lui permettant de survivre dans ce marché ultra-concurrentiel des tablettes 7 pouces.
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