Pascale Luciani-Boyer : “La Caf au secours de la tablette numérique pour tous les élèves”

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Pascale Luciani-Boyer, la maire-adjointe de Saint-Maur-des-Fossés (94) propose de faire financer la distribution de tablettes tactiles ou “smartphones à écran larges” aux éléves par la CAF.

Faire entrer l’école dans le 21ème siècle, innover dans l’éducation et dans l’enseignement, c’est le parti pris de Pascale Luciani-Boyer, maire-adjointe de Saint-Maur-des-Fossés (94). Pour cela, l’élu du Val-de-Marne déclare ceci :

Une tablette numérique ou un smartphone à écran suffisamment large voilà un outil à mettre dans la liste des fournitures de rentrée pour chaque élève à destination des familles. Je vois ici certains brandir le « Et la fracture numérique alors ! » . Il suffit pourtant de revenir au dispositif existant et fonctionnel qu’est notre caisse d’allocations familiales. C’est elle qui, dans ses missions, à chaque rentrée scolaire compense par une allocation de rentrée ces écarts entre les familles. L’allocation de rentrée (Ars) doit permettre d’acquérir au lieu de la calculette spéciale (entre 20€ et 180 € prix moyen 110€) éducation ou collège, une tablette ou smartphone à prix bientôt équivalent ( ente 110€ et 190 € ) . Sans surcoût pour l’état ni pour les familles, cette optimisation d’argent public offre l’avantage du redéploiement de ressources en direction du corps enseignant(équipements, formation, contenu pédagogique,…). Enfin la révolution numérique sera intra scolaire.

calculatrice-CAF-tablette-tactile

Si l’idée n’est pas dénuée de sens en soi, sa réalisation est, quant à elle, plus problématique.

Bon, je ne m’attarderais pas sur le financement de ce système par la CAF, principal outil détourné par certaines familles qui se ruent sur les TVs dans les grandes surfaces (il n’y a qu’en Septembre et lors d’un événement sportif comme la Coupe du Monde de Football qu’on observe un bond dans les ventes de TVs par exemple), ni sur le retard et les coûts de formation que cela engendreraient sur les équipes enseignantes, mais plutôt sur l’adage “mettre la charrue avant les boeufs”.

La tablette est un outil, mais sans contenu, sert-elle à quelque chose ?

Est-ce-que cela vous viendrait à l’esprit d’utiliser un marteau sans clous ? Un tournevis sans visse ? Et une tablette sans contenu ?

Voilà l’un des principaux problèmes que l’idée de la tablette à l’école va amener : le manque de contenu disponible et adapté sur les tablettes tactiles.

Think in the box

Vous voulez abandonner le cartable de 10kg ? mais combien de manuels scolaires numériques sont disponibles ? combien en existent-ils ? sont-ils adaptés au format “tablette tactile” ?

Les manuels scolaires numériques sont disponibles de manières variées : sous différentes formes (PDF, CD/DVD) et avec un contenu très différents selon les formes (contenus simples = homothétiques, contenus enrichis, contenus personnalisables par les enseignants et par les élèves).

Et même s’il ne s’agissait que d’avoir accès à un manuel scolaire, pourquoi ne pas préférer une liseuse de livre numérique (type Kobo, Kindle, Nook…) ?

Think out of the box

La tablette tactile serait privilégiée pour ses capacités d’intéraction humain <=> appareil et appareil <=> appareil. Et cela nous amènerait donc à nous poser les questions suivantes :

  • Est-ce-que l’enseignant est capable de tirer parti de la tablette pour enseigner ?
  • Comment aider un élève à tirer parti de cet outil ?

Avant donc de déployer ce genre de système, avant donc de penser à son financement, il faudra répondre à toutes ces questions.

Evitons, si possible, de recommencer la débâcle des “cours d’informatique” miteux que beaucoup d’entre nous ont du subir sans jamais rien apprendre, sans jamais rien n’en retirer que du temps perdu.

Source : Blog de Pascale Luciani-Boyer via Gizmodo – Eduscol- Ministère de l’Education Nationale

le 4 287
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4 commentaires
  1. Bonjour
    personnellement, j’ai opté pour une tablette tactile l’an dernier pour ma fille en 6eme; cette année, elle continue avec sa tablette. L’an dernier, j’ai été voir le principal adjoint, en expliquant que c’était ma décision; inutile de dire que j’ai eu l’impression de ”forcer les courbures” . sur la tablette, j’ai mis le livre SRSAMATH qui est en telechargement libre, les autre slivres, j’ai scanné; il faut être motivé! mais ma fille gagne jusqu’à 3kg sur le poids de son cartable. Elle a préféré les cahiers cette année, mais je sais que nous les remplacerons par un classeur, ou ne seront classés que les pages actuelles, les anciens cours finiront scannés sur la tablette.
    réduire de moitié le poids d’un cartable me parait la premiere utilisation de la tablette. Apres, elle peut remplacer la calculatrice, on va encore gagner en poids. pour la suite…nous verrons, mais il faut des pionniers; n’attendons pas forcément que d’autres prennent en charge l’équipement de nos enfants; assumons. Et quand la tablette, ou son corollaire avec clavier sera perçu comme une évidence, les applications suivront naturellement, exactement comme la calculatrice (souvenons nous, elles sont apparues en 1970) a remplacée la regle a calcul et la table de logatithme.

  2. Votre article est intéressant mais un peu réducteur “le manque de contenu disponible et adapté sur les tablettes tactiles” : si il existe des contenus mais pas forcément des manuels numériques, des sites dynamiques peuvent aussi être pédagogiques (cf. Coréprim : http://www.coreprim.fr). Et puis la tablette n’est pas qu’une liseuse, elle permet de naviguer sur tous les sites web ; la tablette peut également être utilisé pour travailler collaborativement avec un ENT (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_num%C3%A9rique_de_travail) pour ne pas seulement consommer de l’information mais également en produire (http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/temoignages/l-ent-au-primaire-un-outil-de-personnalisation-des-apprentissages-1212.htm)

    1. Au contraire, l’article n’est pas réducteur du tout, il pose un tas de questions.

      Des questions auxquelles seuls des corps enseignants, des académies, etc, peuvent répondre.

      La politique parle en théorie, moi, je pose des questions sur la pratique, et vous me répondez sur la pratique aussi.

      Je vous remercie d’ailleurs pour les liens que vous nous donnez (coreprim.fr, l’ENT chez wikipedia et le cndp.fr). Pour le moment, il s’agit de beaucoup d’expérimentations, et il faut attendre de voir ce que ces expérimentations apportent au quotidien, que ce soit pour les élèves ou pour les enseignants (sans parler des coûts de formation), avant de brandir la carte de “la tablette pour tous payée par la CAF”.

  3. Où est-elle allée chercher son prix moyen de la calculatrice ?
    Pour le lycée,au moins les 3/4 des élèves optent pour un modèle à 49.90 € et au collège, la calculatrice ne dépasse pas les 15 €…
    Encore un(e) élu(e) qui est bien au courant des conditions de vie de ses concitoyens ;(

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