Changement de cap pour la marque lyonnaise. Après des années à monter en gamme, les liseuses Vivlio reviennent aux bases avec la Vivlio One. Un e-reader qui se veut plus abordable que jamais, tout en visant un minimalisme total. Ce retour aux sources de la lecture électronique saura-t-il séduire le lectorat français ? Voici notre verdict.
Oubliez la prise de notes, l’écoute de livres audio ou même les minijeux.
La Vivlio One est une liseuse qui laisse de côté toutes ces fioritures (pas toujours utiles, avouons-le…) pour nous plonger uniquement dans nos livres.
Un parti pris original face à une offre toujours plus complète, toujours plus complexe.
Disons-le sans ambages : c’est vraiment rafraîchissant !
Toutefois, malgré ses nombreux atouts, la petite Vivlio One ne séduira pas tous les publics.
On vous explique pourquoi dans notre test complet.
Spécifications techniques de la liseuse Vivlio One
- Écran tactile 6″ à encre électronique (758×1024, 212 dpi)
- Rétroéclairage avec réglage de l’intensité et de la température (orangé / blanc / bleuté)
- Poids : 150 g
- Connectique : USB-C
- Connexion sans fil : Wi-Fi
- Dimensions : 151 × 112 × 7 mm
- Batterie : 1750 mAh
- Stockage : 16Go de stockage (soit environ 8 000 e-books)
- Port de carte micro-SD : non
- Étanchéité : non
- Textes personnalisables : modification de la police de caractère et de la taille des textes
- Dictionnaires intégrés : définitions et traductions
- Formats compatibles : EPUB
- Accessibilité renforcée : police adaptée aux dyslexiques
Design et finitions : un e-reader qui tient dans la poche
Commercialisée à moins de 90 euros, la Vivlio One ne cherche pas à faire des flammes.
D’ailleurs, ce modèle est le premier de la marque française à ne pas s’appuyer sur les liseuses Pocketbook.

On est sur un produit 100 % original !
La coque en plastique noir et bleu nuit adopte un toucher « peau de pêche », comme sur les Kindle d’Amazon, dont elle est la principale concurrente.

La prise en main se révèle très agréable, même si la coque semble un peu glissante et attrape vite les traces de doigts.
Notez au passage que la belle n’est pas résistante à l’eau.
Avec un poids de 150 g seulement, la petite Vivlio One se tient pendant des heures sans fatigue et rentre dans n’importe quelle poche.

Il faut dire qu’elle embarque une dalle à encre électronique de six pouces seulement, ce qui n’existe presque plus sur le marché actuel.
La connectique, quant à elle, va à l’essentiel : un port USB-C pour la recharge et le transfert de fichiers, du Wi-Fi et… c’est tout !
Pas de Bluetooth, pas de port micro-SD, pas de stylet tactile, pas d’écran couleur, pas de gyroscope, pas de navigateur web : on a l’impression de revenir 10 ans en arrière.
Une orientation totalement assumée par la marque lyonnaise, qui désire recentrer le lecteur sur le livre électronique dans son état le plus pur.
Vous savez quoi ? Ça fonctionne parfaitement !
Interface : un OS maison qui va à l’essentiel
Comme la partie matérielle, la partie logicielle est entièrement neuve.
Le système intégré à la Vivlio One est plus simple que celui des autres liseuses de la marque.

Visuellement, l’interface d’accueil ressemble à un mix entre celle des Kindle et des Kobo :
- Une barre d’onglets en bas de l’écran, avec des raccourcis vers l’accueil, la bibliothèque, la librairie en ligne, les paramètres et le compte Vivlio ;
- Une barre de recherche en haut de l’écran ;
- Un aperçu des livres en cours de lecture ;
- Une courte liste des e-books dans la mémoire de stockage ;
- Un lien vers le magasin en ligne Vivlio ;
- Une barre déroulante qui affiche l’heure, l’état du Wi-Fi et la batterie.
On est loin d’une usine à gaz comme la Boox Go 7 !
Petit prix oblige, la navigation souffre de quelques lenteurs. L’écran E-Ink noir et blanc demande des appuis assez francs pour obéir. Il faut parfois s’y reprendre une ou deux fois pour qu’un appui soit pris en compte.
On remarque aussi que la sortie de veille est occasionnellement longue (environ cinq secondes). Nous avons aussi été confrontés à des bugs avec le Wi-Fi qui refusait de se réactiver après plusieurs heures de coupure.
Un redémarrage résout généralement ces petits problèmes.
L’OS de Vivlio manque donc de maturité sur certains aspects. Espérons que ces petits couacs soient vite réglés dans de futures mises à jour.

Malgré ça, la liseuse électronique française reste assez confortable au quotidien.
Les pages se tournent vite et la dalle à encre électronique n’affiche pas trop de rémanence, tout en ayant de beaux contrastes.
Vous l’aurez compris : la Vivlio One est assez spartiate, parfois un peu capricieuse, mais reste fonctionnelle.
Lecture : une liseuse ouverte aux EPUB… et c’est tout !
Vivlio est une marque qui tente de limiter au maximum l’usage des DRM et autres protections intrusives (et lourdingues, avouons-le).
Avec la One, ce modus operandi est poussé à l’extrême : seuls les EPUB (avec ou sans DRM) sont compatibles.
Oubliez les PDF, TXT, HTML, DOC et autres formats, y compris ACSM.
Les puristes apprécieront ce minimalisme. Les autres se verront probablement un peu frustrés…
La petite taille de l’écran, qui fait seulement six pouces, rend celui-ci parfaitement adapté aux romans.

Vous pouvez bien entendu les acheter sur la boutique en ligne de Vivlio, ou les transférer depuis votre bibliothèque personnelle.
Sans manga au format EPUB sans DRM sous la main, impossible de donner notre avis sur ce genre d’ouvrage.

Gageons que sur l’écran de 6 pouces, leur lecture risque d’être ardue, surtout avec une résolution de 212 ppi seulement.
En passant, précisons que l’éclairage frontal fait bien son travail.
Si on distingue quelques fuites de lumière, elles restent bénignes et n’entravent pas le confort de lecture.
Les réglages de lecture sont simples, avec seulement six polices préinstallées, trois réglages d’interlignes et trois réglages de marge. Marque-page, dictionnaire et annotations sont aussi de la partie.
Nous vous recommandons d’ailleurs de couper la césure automatique, qui a tendance à découper les mots avec un peu trop de zèle.
Ajoutons aussi que les filtres de tri de la bibliothèque sont décents, mais qu’il manque la possibilité de faire un tri par ouvrages téléchargés ou par séries.

En bref, là aussi on va à l’essentiel.
Mais, quitte à créer une liseuse purement dédiée à la lecture de romans, nous aurions apprécié plus d’options, comme un affichage blanc sur fond noir ou plus de paramètres de tri pour la bibliothèque.
Autonomie : une grosse déception
Bien qu’elle soit démunie d’équipements énergivores, la Vivlio One déçoit sur l’autonomie…
Avec une batterie de 1750 mAh, la liseuse française peine à tenir aussi longtemps qu’une Kindle ou une Kobo entrée de gamme.
Durant nos essais, nous avons constaté une baisse de la batterie d’environ 18 % en 24 h seulement. Sans Wi-Fi activé et avec l’éclairage frontal aux environs de 10 % seulement, en activant l’extinction automatique après 3 h d’inactivité. Tout ça avec seulement 1 h de lecture par jour…
En gros, la liseuse E-Ink française ne tiendra pas plus d’une semaine d’usage grand maximum.
Un résultat assez frustrant, mais pas rédhibitoire, surtout pour une machine qui reste très limitée en fonctionnalités…
Conclusion : notre avis sur la Vivlio One
Commercialisée à 89 euros, la Vivlio One est une édition limitée qui fera date !
Délaissant toutes les fioritures à la mode comme le Bluetooth, les haut-parleurs ou le stylet, elle revient aux fondamentaux : une dalle E-Ink potable, des e-books au format EPUB et un éclairage frontal.
Pas besoin de plus pour lire durant des heures, que ce soit dans les transports ou à la maison !
Petite, légère et bien conçue, la Vivlio One séduira les personnes qui veulent une liseuse électronique basique et très abordable.
À notre sens, son principal défaut réside dans son autonomie, trop légère pour une liseuse si basique…
On pourra aussi lui reprocher un OS trop dépouillé, qui gagnerait à s’améliorer sur les filtres de tri et à adopter quelques options pour améliorer le confort de lecture (mode sombre par exemple).
En dehors de cela, c’est un modèle incontournable pour les débutants ou les personnes avec un petit budget.
La Vivlio One démontre avec brio qu’en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des (bonnes) idées !


