Il aura fallu s’armer de patience ! Alors que certains avaient presque rangé leurs bandeaux rouges au grenier, The Handmaid’s Tale vient de lever le voile sur sa sixième et ultime saison. Trois épisodes sont déjà disponibles sur Hulu, et autant dire qu’ils provoquent un petit frisson d’excitation dans les chaumières – un sentiment que tout fan reconnaîtra : se demander si l’attente en valait la peine.
Trois ans plus tard
Quand la cinquième saison s’est achevée à l’automne 2022, un ami m’a glissé : « Tu verras, Gilead n’a pas fini de nous hanter. » Il ne croyait pas si bien dire ! La longue pause n’était pas un caprice des scénaristes : la grève de la Writers Guild of America en 2023, combinée à une série de retards sur les plateaux, a mis la production sur pause. Résultat : plus de trente mois sans nouveau chapitre.
Cette interruption a pourtant eu un effet secondaire inattendu : la communauté des fans s’est soudée, organisant clubs de lecture autour du roman de Margaret Atwood et projections marathon des saisons précédentes. Dans mon cercle, on s’est même fabriqué des « survival kits » aux couleurs de la République de Gilead : mug écarlate, playlist anxiogène et, bien sûr, un paquet de mouchoirs pour les âmes sensibles !

Un ultime chapitre qui fait mouche
Dès la mise en ligne, les indicateurs ont viré au vert vif. Sur Rotten Tomatoes, les premiers épisodes affichent un score critique de 95 % et un score public de 71 % : du jamais-vu pour la série.
Il faut dire qu’Elisabeth Moss – toujours devant et parfois derrière la caméra – mène la barque avec un sens du suspense quasi sadique. Dans ces nouveaux épisodes, June affronte des dilemmes moraux plus complexes que jamais : jusqu’où peut-on défier un régime totalitaire sans y laisser son âme ? Une question qui résonne d’autant plus depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade aux États-Unis.
À l’écran, on retrouve aussi Yvonne Strahovski, Bradley Whitford et Joseph Fiennes, chacun livrant des performances taillées pour une moisson potentielle d’Emmy Awards. Un confrère, en sortant d’une projection presse, confiait n’avoir pas vu une série boucler son arc narratif avec autant de cohérence depuis Breaking Bad.
En attendant le dénouement
Il reste encore plusieurs semaines avant de découvrir comment Bruce Miller refermera cette parenthèse dystopique ouverte en 2017. Si l’on se fie à la promesse de Moss – un final « grand, fou, où ça part dans tous les sens » – mieux vaut réserver ses lundis soirs et se préparer à discuter des rebondissements dès le lendemain. Après tout, rien de tel que de débattre d’une révolte fictive pour se rappeler que la vigilance n’est jamais un luxe dans la vraie vie.


