Ce détail de la série House of Guinness que peu de gens ont remarqué

Disponible depuis peu sur Netflix, la série House of Guinness, signée Steven Knight (le créateur de Peaky Blinders), plonge dans l’histoire mouvementée de la célèbre famille de brasseurs irlandais. Présentée comme « inspirée d’histoires vraies », elle jongle entre faits avérés et libertés scénaristiques.

Les enfants Guinness : des personnages bien réels

Arthur, Edward, Anne et Benjamin Guinness ne sont pas des inventions : ils étaient bien les enfants de Benjamin Lee Guinness. Comme dans la série, Arthur et Edward héritent de la direction de la brasserie, Anne est écartée car mariée, et Benjamin, joueur invétéré, est tenu à distance pour éviter qu’il ne dilapide la fortune familiale. Edward, dans la réalité, fut celui qui impulsa l’expansion internationale de la Guinness, tandis qu’Anne consacra une partie de sa vie à l’amélioration des conditions sociales à Dublin.

L’homosexualité d’Arthur : mythe ou réalité ?

L’un des points centraux du scénario est l’orientation sexuelle d’Arthur. Mais qu’en est-il vraiment ? Selon The Telegraph, rien ne permet de confirmer qu’il ait été homosexuel. Toutefois, The Irish Times rapportait en 2009 des rumeurs de liaison entre Arthur et le dramaturge irlandais Dion Boucicault, relayées dans un ouvrage consacré à la dynastie. Un mystère qui entretient le mythe autour du personnage.

Une liaison fictive inventée pour la dramaturgie

Dans la série, Lady Olivia Hedges-White, épouse d’Arthur, aurait entretenu une relation avec Sean Rafferty, homme de main de la famille. Une intrigue séduisante pour l’écran, mais entièrement fictive : Sean Rafferty n’a jamais existé. Par ailleurs, Olivia n’avait nul besoin d’épouser Arthur pour sa fortune, puisqu’elle était issue de l’une des familles les plus fortunées de Grande-Bretagne.

L’élection truquée : un fait historique

Ici, la fiction rejoint la réalité. Arthur Guinness, baron d’Ardilaun, a bien été élu député à Dublin en 1868. Mais dès 1869, un tribunal annula son élection après avoir prouvé que son équipe avait manipulé le scrutin. Comme dans la série, Arthur échappa à toute condamnation directe, la justice estimant qu’il n’était pas impliqué personnellement.

L’histoire d’amour entre Edward et Ellen : pure invention

L’idylle entre Edward Guinness et Ellen Cochrane, militante indépendantiste, est l’un des fils rouges de la série. Pourtant, Ellen n’a jamais existé. Dans la réalité, Edward épousa Adelaide (surnommée Dodo), avec qui il eut trois enfants.

Des mécènes sociaux… surtout à Londres

La série met en avant les investissements des Guinness dans les logements sociaux de Dublin. Si cette implication est réelle, elle fut en grande partie concentrée sur Londres, même si Anne Guinness, devenue Plunket, encouragea certains projets en Irlande.

Les émeutes : un ajout scénaristique

Dans la fiction, l’enterrement de Benjamin Lee Guinness donne lieu à de violentes émeutes. En réalité, l’événement rassembla près de 500 personnes venues lui rendre hommage. Patron influent, il était considéré comme l’un des plus grands employeurs de Dublin, et sa disparition fut marquée par un cortège respectueux plutôt que par des affrontements.

Entre faits historiques et libertés créatives, House of Guinness illustre parfaitement l’art de Steven Knight : mêler la réalité à une dramaturgie puissante pour captiver le spectateur. Mais derrière la fiction, l’histoire de la famille Guinness reste déjà, à elle seule, une véritable saga.

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