Elles ressemblent à n’importe quelle berline croisée sur la route… mais certaines cachent un radar embarqué capable de flasher en toute discrétion. De plus en plus présentes en France, ces voitures-radars privées font partie du dispositif national de lutte contre les excès de vitesse.
Un déploiement qui s’étend partout en France
Mises en place dès 2013, ces voitures discrètes ont progressivement gagné du terrain. Si l’Île-de-France et la Corse échappent encore au dispositif, la plupart des régions sont désormais concernées. Rien qu’en avril 2025, 126 nouveaux véhicules ont été déployés en Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans la Loire et la Drôme, elles circulent déjà depuis cet été.
Depuis 2018, leur gestion est confiée à des prestataires privés. Les préfectures définissent les axes prioritaires, souvent les routes où les excès de vitesse sont fréquents. Ces voitures roulent en moyenne 6 à 8 heures par jour, y compris la nuit et le week-end, parfois même d’un département à l’autre.
Comment fonctionnent ces radars roulants ?
Ces véhicules banalisés sont équipés de radars infrarouges invisibles, capables de détecter un excès de vitesse dans les deux sens de circulation. Qu’il s’agisse d’une voiture dépassée, suivie ou croisée, le dispositif capte l’infraction sans que le conducteur ne s’en rende compte.
Près de 500 voitures-radars sillonnent aujourd’hui le réseau routier français : autoroutes, nationales, départementales et même certaines routes communales. Les chauffeurs, employés par des sociétés privées, sont rémunérés au kilomètre parcouru et non au nombre de contraventions, afin d’éviter tout conflit d’intérêt.

À quoi ressemblent ces voitures banalisées ?
Difficile de les reconnaître au premier coup d’œil. La flotte est composée en majorité de modèles courants comme la Citroën C5 Aircross, la Peugeot 308, la Volkswagen Passat, la Seat Leon ou encore la Ford Mondeo. À elles seules, ces cinq voitures représentent plus de 80 % du parc utilisé.
D’autres modèles viennent compléter l’arsenal, parmi lesquels la Peugeot 508, la Skoda Octavia ou encore la Volkswagen Golf. Un détail cependant peut parfois trahir ces véhicules : leurs plaques d’immatriculation ne sont pas standardisées. Elles sont imprimées sur un support plastique réfléchissant avec une typographie légèrement arrondie. Derrière, un boîtier rectangulaire abrite le fameux flash infrarouge.
Un impact réel sur la sécurité routière
Selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR), la vitesse excessive reste un facteur majeur : elle était impliquée dans 28 % des accidents mortels en 2024. L’objectif de ces voitures-radars est donc avant tout dissuader les comportements dangereux.
Comme le rappelle la préfecture du Var, « publier la liste des modèles exacts nuirait à l’efficacité d’un dispositif conçu pour rester discret ». Autrement dit : impossible de savoir si la voiture banale devant vous est un simple automobiliste… ou un radar roulant.
Moralité : pour éviter la mauvaise surprise d’un flash invisible, le plus sûr reste encore de respecter les limitations de vitesse.


