En trois épisodes et moins de deux heures trente, Les Malédictions réussit à condenser une intrigue familiale et politique haletante dans le nord de l’Argentine. Réalisée par Daniel Burman, cette adaptation du roman de Claudia Piñeiro divise la critique internationale, entre enthousiasme et réserves sur son dénouement.
Un thriller politique et intime
L’histoire s’ancre dans une province reculée où Fernando Rovira, gouverneur en quête de réélection, se retrouve face à un vote crucial concernant l’exploitation du lithium, ressource stratégique. Pressions économiques, rivalités politiques et tensions familiales se mêlent, minant peu à peu son autorité.
À ce climat déjà instable s’ajoute un drame personnel : l’enlèvement de sa fille. L’affaire dépasse la simple demande de rançon, réveillant de vieilles rancunes et des décisions politiques enfouies depuis plus de dix ans. Porté par Leonardo Sbaraglia dans le rôle principal et Gustavo Bassani en bras droit ambigu, le récit prend une dimension à la fois intime et universelle.
Une réception enthousiaste en France
En France, la série a été largement saluée. Pour Télé-Loisirs, il s’agit d’« une série à ne pas manquer », notamment grâce à son format court, rare sur Netflix. Le magazine Elle insiste sur son efficacité en tant que thriller politique, et souligne la légitimité de l’adaptation, Piñeiro étant une autrice déjà reconnue et souvent portée à l’écran.
Le choix d’un format ramassé en trois épisodes a séduit : là où d’autres séries s’étirent, Les Malédictions va droit au but, donnant une intensité particulière à chaque scène.
Des critiques plus nuancées en Argentine et en Espagne
En Argentine, l’accueil est plus partagé. Le site EscribiendoCine loue la justesse du découpage en trois actes et la force d’un long flashback central, mais regrette une conclusion jugée « trop rapide ». De son côté, Otros Cines salue la qualité technique et l’audace du mélange entre drame familial, western et récit politique, mais estime que la série abuse de dialogues explicatifs.
En Espagne, Que Ver met en avant la puissance visuelle de la mise en scène, tournée à près de 4 000 mètres d’altitude, avec une photographie hypnotique qui accentue le sentiment d’isolement. Le duo Leonardo Sbaraglia – Alejandra Flechner est également salué pour l’intensité de leurs confrontations. Toutefois, là encore, la fin est jugée prévisible et un peu moins travaillée que le reste.
Un pari audacieux pour Netflix
Entre thriller politique et drame familial, Les Malédictions assume son mélange des genres et réussit à installer une atmosphère pesante en un temps réduit. Si certains reprochent une conclusion hâtive, la série a le mérite d’offrir un récit compact, rythmé et servi par une distribution solide.
Un projet qui confirme la place croissante des créations sud-américaines sur Netflix, capables d’allier profondeur locale et portée universelle.


