Il était biker rebelle dans Sons of Anarchy, héros romantique dans Pacific Rim, mais le voilà aujourd’hui transformé en monstre glaçant. Charlie Hunnam se métamorphose littéralement dans Monstre : L’histoire d’Ed Gein, la nouvelle saison de la série anthologique à succès de Netflix signée Ryan Murphy et Ian Brennan. Un rôle troublant, inspiré d’un personnage réel dont les crimes ont marqué à jamais l’histoire criminelle américaine.
Ed Gein, l’homme derrière les cauchemars d’Hollywood
Après avoir exploré l’esprit torturé de Jeffrey Dahmer et le drame des frères Menendez, Netflix poursuit son voyage au cœur des ténèbres avec l’histoire d’Ed Gein. Ce tueur des années 1950, originaire du Wisconsin, est considéré comme l’un des meurtriers les plus dérangeants de son époque. Ses crimes, mêlant nécrophilie et rituels macabres, ont profondément choqué l’Amérique d’après-guerre.
Mais au-delà des faits sordides, le mythe Gein s’est surtout inscrit dans la culture populaire. Il a inspiré certains des plus grands films d’horreur : Norman Bates dans Psychose d’Hitchcock, Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse ou encore Buffalo Bill dans Le Silence des Agneaux. Tous ces personnages trouvent leur origine dans la folie d’un seul homme, obsédé par sa mère au point de vouloir la ressusciter, quitte à déterrer des cadavres pour « recomposer » son corps.
Charlie Hunnam, un rôle qui glace le sang
Pour interpréter ce personnage à la frontière entre l’humain et l’indicible, Charlie Hunnam s’est plongé dans une préparation d’une rigueur extrême. L’acteur britannique a étudié chaque document disponible : livres, transcriptions judiciaires, dossiers médicaux. “Je voulais comprendre Ed Gein, pas le caricaturer. Il ne s’agissait pas de choquer, mais de raconter l’histoire d’un homme dévasté, prisonnier de sa propre folie”, a-t-il confié dans une interview accordée au Hollywood Reporter.
Cette démarche, empreinte de respect et d’analyse, marque un contraste fort avec la tendance à la surenchère dans les récits de tueurs en série. Ryan Murphy, connu pour son approche psychologique du mal, a cherché à dresser un portrait nuancé, presque clinique d’un esprit brisé par la solitude et la culpabilité.
“J’étais terrifié à l’idée de jouer ce rôle”
Pour Hunnam, le défi a été autant artistique que psychologique. L’acteur a avoué avoir ressenti une véritable appréhension à l’idée de se glisser dans la peau d’un homme aussi monstrueux. “Ce rôle me paraissait impossible à aborder. J’étais terrifié”, a-t-il confié à ExtraTV.
Selon lui, la difficulté ne résidait pas seulement dans l’incarnation du tueur, mais dans la recherche d’un équilibre entre l’horreur et l’humanité. “Je voulais éviter de faire d’Ed Gein une caricature du mal. L’objectif était de comprendre ce qui, dans un être humain, peut se fissurer au point de créer un monstre. Et d’une certaine manière, cela nous renvoie tous à notre propre part d’ombre.”
Le résultat à l’écran est saisissant. Méconnaissable, Hunnam livre une performance glaçante et introspective, qui s’inscrit dans la lignée des travaux les plus sombres de Ryan Murphy.


