À une époque où les débats sur l’inclusivité font rage dans le paysage audiovisuel, certaines séries choisissent la nuance plutôt que le cliché. Avec sa deuxième saison, The Last of Us continue de proposer une vision sensible et crédible de l’amour et de la parentalité queer, là où bien d’autres productions n’effleurent qu’en surface ces questions. Et l’épisode 4 marque un tournant, à la fois narratif et symbolique.
Quand la fiction épouse le réalisme queer
Souvenez-vous : dans la première saison, l’histoire d’amour entre Frank et Bill avait déjà ému au-delà du cercle des fans du jeu vidéo. Dans ce quatrième épisode de la saison 2, c’est un autre duo qui prend le relais : Ellie et Dina, deux jeunes femmes confrontées à la violence d’un monde en ruines… et à leurs émotions naissantes.
Alors qu’elles fuient une attaque au cœur de Seattle, entre factions ennemies et infectés enragés, l’intime s’invite dans le chaos : Dina révèle qu’elle est enceinte. S’ensuit une scène d’une rare tendresse où les deux héroïnes s’avouent leurs sentiments, s’embrassent, font l’amour pour la première fois, et partagent leur vision d’un avenir ensemble. Une scène sobre, sans voyeurisme, mais puissamment symbolique.
Un moment fort salué par la communauté LGBTQ+
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Beaucoup de spectateurs ont salué la justesse de cette scène queer, sans effets forcés ni détours maladroits. Une internaute a écrit : « C’est ça, quand des personnes réellement concernées incarnent des rôles LGBTQ+. On sent la vérité, l’émotion, le vécu. » Une autre a souligné que l’histoire de Dina autour de sa bisexualité « résonnait profondément », car elle reflétait le silence, la peur du rejet, mais aussi la libération de pouvoir enfin être soi.
Ces témoignages mettent en lumière une réalité : voir sa propre expérience représentée à l’écran, avec humanité, ce n’est pas un luxe, c’est un besoin fondamental de reconnaissance.
Un casting sincèrement engagé
Ce réalisme tient aussi à la sincérité des interprètes. Bella Ramsey, non-binaire, et Isabela Merced, récemment sortie du silence sur son homosexualité, ont toutes deux confié s’être senties « à l’aise » dans cette scène précisément parce qu’elles parlaient d’une expérience vécue. Merced, dans une interview accordée à Variety, a d’ailleurs déclaré : « On voit tout de suite quand une actrice n’a jamais embrassé une autre femme. Ce n’est pas notre cas. »
Ajoutez à cela une réalisatrice — Kate Herron — elle-même bisexuelle, et on comprend mieux pourquoi cette scène sonne juste. Dans un entretien avec le magazine OUT, elle confiait avoir voulu mettre en lumière une parentalité queer simple et authentique, sans emphase, pour « montrer que l’amour et la famille n’ont pas besoin d’entrer dans les cases traditionnelles ».
Une histoire d’amour, de famille, et de courage émotionnel
Au-delà de la romance, ce qui marque dans cet épisode, c’est le choix d’Ellie : assumer un rôle de parent, de soutien, dans une famille qui ne repose ni sur le sang ni sur les conventions. Dans un monde post-apocalyptique, cela pourrait paraître secondaire… mais c’est peut-être l’acte le plus courageux de tous. Un geste de confiance, d’engagement et d’espoir.
Ce que Kate Herron résume parfaitement : « Montrer cela aujourd’hui, dans un climat où les droits LGBTQ+ sont menacés dans de nombreux pays, ce n’est pas anodin. C’est un acte politique, mais aussi profondément humain. »
Une représentation qui fait du bien
En choisissant de ne pas édulcorer les sentiments ou les parcours de ses personnages, The Last of Us nous rappelle que la diversité n’est pas une case à cocher, mais une richesse à raconter. Grâce à des choix de casting et de mise en scène réfléchis, l’épisode 4 devient un moment de vérité et de résonance.
Dans un monde saturé de récits formatés, voir une relation queer traitée avec tant de naturel et de tendresse, c’est non seulement rafraîchissant… c’est essentiel. Et quand l’imaginaire post-apo devient le miroir d’un espoir bien réel, la fiction n’a jamais été aussi proche de la vie.


