Ce dimanche, le château de Vernon, dans la Vienne, va vibrer au son des marteaux des commissaires-priseurs. Plus d’une centaine de véhicules de collection issus du musée privé de Jean-Pierre Nylin seront proposés à la vente, offrant aux amateurs un voyage unique à travers l’histoire de l’automobile.
Un musée devenu salle des ventes
Homme d’affaires prospère et passionné de belles mécaniques, Jean-Pierre Nylin avait acquis le château de Vernon dans les années 1990. En 2008, il y inaugurait un musée automobile, abritant sa collection éclectique de modèles anciens et sportifs. Depuis son décès en décembre 2024, le lieu a fermé ses portes. Sa collection, qui reflète une vie dédiée à l’automobile, va désormais être dispersée aux enchères.
De la Panhard de 1912 à la Renault Clio IV de 2020, en passant par un Méhari jaune des années 70, des Bentley, Lotus, Porsche ou encore Ferrari, la diversité des modèles témoigne d’un goût aussi large que passionné. Parmi les pièces phares, une Facel Vega HK 500 de 1959, fleuron de l’industrie française, estimée entre 80 000 et 120 000 euros.
« C’était la voiture des grands de ce monde. Jean-Pierre Nylin voulait en posséder une magnifique, restaurée, pour pouvoir en profiter sur la route », explique Antoine Mahé, spécialiste automobile chez Artcurial.
Une collection qui raconte une vie
Au-delà des modèles prestigieux, la collection illustre aussi le rapport intime de son propriétaire avec les voitures de compétition et de sport. On y trouve notamment une Formule 3, championne de France en 1986. « Il aimait courir, mais il était aussi très généreux : il organisait des baptêmes de piste pour des enfants malades », rappelle Antoine Mahé.
L’esprit de Jean-Pierre Nylin transparaît dans la façon dont il entretenait ses véhicules : tous étaient roulants. Mais prudence, rappelle la maison de ventes : les voitures sont proposées sans contrôle technique et nécessiteront une révision avant de reprendre la route.

Des enchères pour toutes les bourses
La particularité de cette vente est son accessibilité. Les estimations se veulent attractives, et surtout, sans prix de réserve. Autrement dit, chacun a sa chance. Les collectionneurs fortunés lorgneront les modèles d’exception, mais certains lots s’annoncent beaucoup plus abordables.
Symbole de cette diversité, un tracteur Massey Harris Pony 11 de 1955, estimé entre 50 et 150 euros seulement. « Pour quelques dizaines d’euros, on peut repartir avec un morceau d’histoire mécanique », souligne Anne-Claire Mandine, commissaire-priseur chez Artcurial.

L’événement promet d’attirer des passionnés venus de toute la région, mais aussi des acheteurs étrangers, connectés par téléphone ou en ligne. Un moment à la croisée du patrimoine, de la passion automobile et du marché de l’art, où le vrombissement des moteurs cédera la place à l’excitation des enchères.
En somme, cette vente est bien plus qu’une simple dispersion : c’est un hommage vivant à un homme qui voyait dans chaque volant, chaque carrosserie, une histoire à raconter.


