Peut-on vraiment gagner de l’argent en bourse en laissant une intelligence artificielle piloter ses placements ? C’est la question qu’a voulu tester Nathan Smith, un lycéen de l’Oklahoma. Avec une mise de départ de 100 €, il a confié son portefeuille d’actions à ChatGPT… et les résultats ont dépassé toutes ses attentes en seulement quelques semaines.
Une expérience née d’une curiosité
Tout a commencé après que Nathan ait vu des publicités vantant des “sélecteurs d’actions IA”. Intrigué, il s’est demandé pourquoi personne n’avait encore testé un portefeuille entièrement géré par un modèle de langage. Sa consigne donnée au chatbot était claire : construire un portefeuille basé uniquement sur des actions de petites entreprises américaines, valorisées à moins de 300 millions de dollars.
Et il faut croire que l’IA a pris son rôle au sérieux : en quatre semaines, son portefeuille a affiché 23,8 % de rendement, quand dans le même temps, le Russell 2000 plafonnait à 3,9 %. Une performance qui fait rêver… mais qui mérite quelques nuances.
Quand l’IA prend toutes les décisions
L’une des particularités de cette expérience, c’est que Nathan n’a rien décidé lui-même : ChatGPT choisissait tout, du volume des positions aux stop-loss, en passant par les arbitrages hebdomadaires. Sa seule intervention ? Exécuter les ordres proposés par l’IA et corriger les rares contradictions de l’algorithme.
Le chatbot s’est même montré plus prudent que certains investisseurs humains. Exemple marquant : il a revendu une action qui avait déjà rapporté 50 % de gains, estimant que la volatilité des micro-capitalisations pouvait effacer ces bénéfices en un instant. Une décision que bien des traders auraient hésité à prendre.
Une réussite… à relativiser
Les chiffres bruts sont impressionnants, mais l’expérience reste limitée. Quatre semaines ne suffisent pas pour tirer des conclusions solides : les marchés financiers sont cycliques et les petites capitalisations extrêmement volatiles. Comme le rappellent régulièrement l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Ademe sur d’autres produits financiers, quelques bons coups ne garantissent en rien la pérennité d’une stratégie.
Nathan lui-même en est conscient : il prévoit de prolonger le test sur un an pour voir si les résultats se confirment. En attendant, il admet que cette expérience lui a donné le goût de la finance quantitative et du code, qu’il explore désormais via Python.
Des limites à garder en tête
Si l’histoire peut faire rêver, elle doit aussi servir d’avertissement. Investir en bourse reste risqué, et laisser une IA prendre des décisions à votre place sans connaissances solides peut mener à des pertes rapides. Les micro-capitalisations, en particulier, sont connues pour leurs fluctuations brutales.
En clair : oui, un chatbot peut bâtir un portefeuille performant sur une courte période. Mais croire qu’il existe une recette magique pour s’enrichir en bourse grâce à l’IA relève plus de l’illusion que de la certitude. Comme souvent, la prudence reste le meilleur allié des investisseurs.


