Meta dévoile son appli d’IA : une vraie concurrente pour ChatGPT ou simple effet d’annonce ?

Avec une ambition assumée de se faire une place parmi les géants de l’intelligence artificielle, Meta vient tout juste de présenter sa première application dédiée à Meta AI. Un pas de plus pour Mark Zuckerberg et son empire numérique, déjà bien implanté dans nos vies via Facebook, Instagram et WhatsApp. Mais cette fois, l’enjeu est plus grand : convaincre qu’il ne s’agit pas d’un simple gadget, mais d’un outil intelligent, utile et potentiellement révolutionnaire.

Une nouvelle appli autonome pour Meta AI

Depuis le 29 avril, les utilisateurs français peuvent accéder à cette application, même si toutes les fonctionnalités ne sont pas encore déployées partout. Développée à partir de Llama 4, la dernière version du modèle de langage maison de Meta, l’application promet des conversations plus naturelles, des réponses plus rapides et une capacité d’interaction orale aussi fluide que l’écrit. On peut poser des questions, dicter des requêtes vocales, voire demander à l’IA de se souvenir d’informations pour les utiliser plus tard. Pratique… ou intrusif ? À chacun de juger.

Cette avancée survient peu après l’intégration de Meta AI directement dans les messageries du groupe. Désormais, Meta ne cache plus son intention : rivaliser frontalement avec ChatGPT, Google Gemini, Claude ou Perplexity, des noms déjà bien ancrés dans l’univers des intelligences artificielles génératives.

Une IA connectée au web et à vos réseaux sociaux

À l’image de ses concurrents, l’assistant Meta AI est connecté à Internet, ce qui lui permet de fournir des réponses à jour. Mais Meta va plus loin : si vous acceptez, l’appli peut exploiter des données issues de vos profils Facebook ou Instagram pour personnaliser ses réponses. Cette fonction, pour l’instant réservée aux utilisateurs nord-américains, pourrait s’étendre à l’Europe, Meta ayant annoncé son intention d’analyser les données publiques des comptes européens à partir du 27 mai, sauf refus explicite de la part des utilisateurs.

On touche ici au point sensible de toute IA grand public : la gestion des données personnelles. En particulier quand elle vient d’un acteur aussi omniprésent que Meta. La CNIL française, tout comme l’EDPB au niveau européen, surveille de près ces usages.

Un fil “Découverte” pour socialiser l’IA

L’un des éléments les plus originaux de l’application est sans doute son fil “Discover”. Cette section présente des interactions entre d’autres utilisateurs et Meta AI, y compris vos contacts Facebook ou Instagram (avec leur accord). L’idée ? Démystifier les usages de l’IA, partager des inspirations, et donner une dimension communautaire à un domaine encore perçu comme très individuel. Un peu comme si l’algorithme, jusqu’ici très silencieux, se mettait à converser devant tout le monde.

Une approche novatrice, que l’on pourrait retrouver bientôt chez d’autres géants de la tech, tant elle semble alignée avec les tendances actuelles de co-création et de transparence.

Les lunettes Ray-Ban reprennent des couleurs avec l’IA

Parallèlement, Meta profite du lancement de l’appli pour redonner un coup de projecteur à ses Ray-Ban connectées. Jusqu’à présent cantonnées à la capture de photos et à l’écoute musicale, ces lunettes embarquent désormais Meta AI, avec de nouvelles fonctions impressionnantes : traduction instantanée, reconnaissance de l’environnement, réponses contextuelles filmées en direct… Une sorte de science-fiction devenue réalité.

L’intégration de ces fonctionnalités devrait relancer l’intérêt pour ces lunettes, surtout en Europe où une mise à jour majeure vient d’être déployée. Et tant pis si les débuts de Meta AI ont été hésitants : l’entreprise compte bien sur cette offensive matérielle pour regagner du terrain.

Une IA encore jeune, mais un écosystème puissant

Face à une concurrence déjà bien établie, Meta arrive peut-être un peu tard. Mais avec trois plateformes sociales majeures sous son aile, et des milliards investis dans la recherche, le groupe joue une carte puissante : celle de l’omniprésence. En installant Meta AI dans le quotidien numérique de millions d’usagers, l’entreprise espère en faire un réflexe, comme on interroge déjà son GPS ou son assistant vocal.

Il faudra encore du temps pour juger de la réelle efficacité du modèle Llama 4, mais une chose est sûre : avec ce lancement, Meta ne veut plus rester à la traîne. Elle veut écrire une nouvelle page — peut-être la plus stratégique — de son histoire dans l’intelligence artificielle.

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