50% mieux pour 50% moins cher, vous y croyez ? Et bien c’est pourtant ce que propose une jeune société française avec sa première tablette. Tiendront-ils leur promesse ? Suspens …
La Légende de JMI
Je l’avoue, je n’avais jamais entendu parler de la tablette JMI T970, pas plus que de JMI Tech d’ailleurs. JMI Tech, pour « Joyful Mobile and Internet Technologie », est, comme son nom ne l’indique pas, une entreprise française qui se lance sur le marché légèrement concurrentiel des tablettes tactiles. Basée en Rhone – Alpes, elle commercialisera directement via son site internet une seule et unique (pour le moment ?) tablette Android : la T970. Derrière ce nom poétique se cache une machine qui pourrait bien faire du bruit et même de l’ombre à une autre société française : Archos. Car JMI Tech se place d’emblée sur le marché du « low cost », comme son compatriote, son crédo étant « Et si acheter une tablette n’était plus un luxe ? ». Des tablettes peu chères, on adore, à condition que faible coût ne soit pas synonyme de « au rabais ». Qu’en est-il donc de cette première machine qui pourrait marquer le début de la légende de JMI ? (Oui je sais, elle est facile, mais ce n’est que la première d’une longue série…)
Quand j’ai déballé la tablette T970 j’ai quand même été assez surpris car, au niveau esthétique en tout cas, c’est un clone de l’iPad de première génération. C’est simple, j’aurais beaucoup plus vite fait de vous dire ce qui différencie extérieurement les deux tablettes que de vous énumérer ce qui les rapproche. Prenez donc un iPad de première génération, avec son embonpoint et son écran 4:3 aux épais contours assez reconnaissables. Enlevez le bouton «home» et rajoutez une discrète webcam dans un des coins. Saupoudrez ensuite de quelques connecteurs et boutons anonymes (nous y reviendrons). Collez le logo JMI au dos de la machine en lieu et place de la célèbre pomme et vous aurez un portrait très fidèle de cette tablette.
Encore un clone donc … avouez qu’on fait mieux comme première impression. Ce n’est pas que la tablette soit moche ou mal finie, loin de là, et son design est une valeur sûre si on considère le succès de L’original. Non, c’est juste que la tablette manque inévitablement de personnalité. Et c’est bien dommage, car au vu de ses performances cette petite machine mériterait d’avoir un look bien à elle. C’est bien simple, elle est trop réussie pour se contenter de cet air emprunté.
Quand JMI dit
Déjà sur le papier, ses caractéristiques sont prometteuses :
- Processeur RK3066 : Cortex A9 double cœur à 1,6 Ghz.
- GPU MALI 400 MP.
- 1 Go de RAM et 16 Go de stockage interne.
- Écran 4:3 IPS de 9,7″ en 1024 x 768.
- Batterie 8000 mAh.
Le tout tournant sous Android 4 ICS et doté du Google Play Store. Avec un tel équipement, on s’attend à ce que la tablette soit plus puissante que l’iPad 2 puisqu’elle possède un processeur plus rapide et deux fois plus de mémoire vive. Oui, mais à quel prix (j’ai bien fait durer le suspens là…) ? Et bien c’est là que la bonne surprise nous attend : 269€ (voir l’offre sur le site officiel) ! Les tablettes de 10 pouces à ce prix sont rares et à ma connaissance aucune n’est aussi bien équipée. Petit malentendu sur la fréquence du processeur néanmoins, je dis dans la vidéo ci-dessous qu’elle tourne à 1,4 Ghz, or le site de JMI mentionne 1,6 Ghz. Cette méprise vient du fait qu’il est écrit 1,4 Ghz au dos de la boite. La tablette ne sera en vente qu’au début septembre et d’ici là, le packaging aura le temps d’être mis à jour.
Packaging
Parlons-en, justement, du packaging. Ça va être assez rapide, car il est plutôt minimaliste. Une simple boite blanche siglée JMI contenant le nécessaire : un câble USB, un adaptateur secteur ainsi qu’un minuscule « manuel de l’utilisateur » accompagnent la tablette. On remarque aussi la présence appréciée d’un adaptateur USB – micro USB bien utile pour brancher directement un clavier, par exemple. Une dotation modeste donc, mais très correcte vu la gamme de prix.
Aspect extérieur
La très grande ressemblance de la tablette JMI T970 avec l’iPad de première génération fait qu’elle en reprend aussi les défauts : l’épaisseur, l’aspect «mastoc» et des rebords un peu aigus.
Côté poids la machine s’en sort mieux : 673 g sur ma balance de cuisine contre 663 g pour un nouvel iPad. La tablette n’a donc pas les mensurations d’un top model et la tenir d’une main, par exemple, peut s’avérer fatigant à la longue. Cela dit, c’est loin d’être scandaleux.
Du côté des qualités, comme son modèle, la JMI offre un aspect sobre et bien fini. Le dos aluminium fleurerait même bon le haut de gamme. Les webcams savent également se faire discrètes en se logeant dans les coins.
Pour la connectique, on nous offre deux ports micro USB (dont un USB OTG « On The Go »), un port mini-hdmi, un slot pour carte SD, une prise casque 3,5 mm et une prise pour l’adaptateur secteur, la tablette ne se rechargeant pas par USB.
La machine présente aussi un total de 4 boutons. Si on en retrouve deux logiquement destinés à mettre la machine en veille et à régler le volume. L’existence des deux autres semble moins pertinente. L’un d’entre eux semble faire revenir à l’écran d’accueil quand l’autre semble destiné à afficher un menu contextuel. Inutile de dire qu’avec Android 4, ils ne vont pas servir beaucoup, d’autant que leurs emplacements et leur complet anonymat ne les rend pas plus pratiques. La tablette se porterait sans doute mieux sans eux, mais bon, puisqu’ils sont là …
Écran
Ce qui frappe d’emblée dès l’allumage de cette tablette «low cost», c’est son écran. La dalle possède la même taille (9,7 pouces), la même technologie (IPS), et la même résolution (1024 x 768) que celle de son modèle, et on s’y tromperait. Comme pour l’iPad et l’iPad 2, l’écran impressionne par son contraste et sa qualité. Bien sûr : point de retina ici, pour le prix, il ne faut tout de même pas rêver. On lui reprochera tout de même un manque d’amplitude dans les réglages de la luminosité. Alors que sur le nouvel iPad, la luminosité peut être réglée très basse afin de pouvoir lire confortablement dans le noir, ou très haute afin d’être utilisée en pleine lumière, la différence entre les luminosités maximale et minimale de la JMI est beaucoup moins importante. L’écran se montre néanmoins confortable dans la majorité des situations, il est réactif et agréable à utiliser.
Équipement
Comme je l’ai dit plus haut, la JMI T970 s’architecture autour d’un Rockchip RK3066. Une petite bombe A9 double cœur à 1,6Ghz secondée par un GPU ARM Mali 400MP (quadricœur). On jouira aussi de 1 Go de RAM et de 16 Go d’espace de stockage. La tablette se connecte en Wifi n (2.4Ghz) et en Bluetooth. Elle possède deux caméras de 2 MPixels, ce qui est assez rare pour être signalé. Il va sans dire qu’elle est aussi équipée d’un accéléromètre.
Elle est compatible avec une connexion 3G via une clef USB optionnelle (non testée). Son autonomie lui est assurée par une batterie de 8000 mA, ce qui est assez important, mais nous reparlerons plus précisément de l’autonomie un peu plus loin.
Au chapitre des absences, on trouve principalement le GPS. La géolocalisation se faisant via le wifi, au prix d’une précision plus faible. De même, la tablette semble dépourvue de gyroscope et de boussole. Je ne suis pas non plus sûr de la présence d’un capteur de luminosité. Mais bref : toutes ses menues carences sont loin d’êtres rédhibitoires pour une tablette destinée à un usage principalement domestique.
Le système d’exploitation fourni est Android 4.0.4, livré « quasi nu », ce qui n’est pas un problème puisque vous avez accès au Google Play Store. De plus, JMI prévoit de mettre à jour sa machine sous Android 4.1 dans un futur proche. On attend d’ailleurs beaucoup de la part de JMI au niveau du suivi logiciel. Une bonne réactivité dans les mises à jour pourrait faire la différence face à une concurrence souvent assez molle de ce côté là.
À l’usage : attention, JMI veut nous plaire …
Après quelques jours d’utilisation, je n’ai pas grand-chose à reprocher à la tablette. Elle se montre remarquablement réactive et fluide. La navigation internet (sous Chrome, par exemple) se révèle agréable, même avec des sites complexes. La lecture des news sous Google Flux est un plaisir. La tablette lit parfaitement tout type de vidéo : le H264 1080p est un régal à regarder sur un si bel écran.
Sa puce 3D performante lui permet de faire tourner presque n’importe quel jeu ou application 3D de manière fluide. Je vous renvoie au test vidéo pour voir la bête en action.
Les appareils photo ont … le mérite d’exister. La qualité des clichés est relativement médiocre, comme on en a l’habitude sur des tablettes pour lesquelles ils ne serviront de toute façon pas beaucoup hors de la vidéo-conférence.
Côté connectivité, c’est du tout bon. La connexion Wifi n est rapide et s’établie vite. Sa sensibilité est satisfaisante, sans être exceptionnelle. A 10m du routeur, dans une autre pièce, la tablette fait aussi bien qu’un iPad 2 et moins bien qu’un nouvel iPad. Mais ce dernier utilisant la bande des 5 Ghz, on s’y attendait. J’ai pu connecter mon micro casque stéréo Bluetooth sans problème et du premier coup.
Mieux encore, grâce à son port USB « OTG », j’ai pu connecter mon clavier et ma souris USB simultanément (Logitech Unifying) à la tablette et l’utiliser comme un netbook. La reconnaissance fut immédiate, un vrai bonheur.
Les seuls petits accrocs rencontrés concernent plus les logiciels que la tablette elle-même. Il subsiste néanmoins encore un problème concernant Google Play qui empêche l’installation de certaines applications. J’ai particulièrement rencontré ce problème avec les jeux Gameloft. JMI Tech m’a néanmoins assuré qu’ils travaillaient sur ce problème et qu’il serait prochainement résolu lors d’une mise à jour.
Super JMI
Vous l’avez sans doute compris, un des points forts de cette tablette est son rapport performance / prix. Lançons donc quelques logiciels de « benchmark » bien connus et regroupons-en les scores :
- Quadrant : 4187, ce qui est proche de l’Asus Transformer Prime (Tegra 3).
- Antutu : 8375 (entre le Galaxy Note et le Transformer Prime)
- GL Benchmark 2.1.5 (Egypt high) : 58 fps (presque toujours vsync limited)
- Browsermark (Chrome) : 137470 (contre 101271 avec Safari sur un nouvel iPad)
- Sunspider (Chrome) : 1718 ms (contre 1823 ms avec Safari sur un nouvel iPad)
Comme prévu, la JMI T970 surclasse l’iPad 2 et le nouvel iPad dans le domaine de la navigation internet et de javascript. Les notes de performances générales place le RK3066 entre l’Exynos 4212 (dont il est assez proche) et le Tegra 3. Surclassant l’Exynos grâce à sa fréquence d’horloge, il se trouve dans certains cas dépassé par les quatre cœurs du Tegra 3. En résumé, les performances offertes par cette tablette se situent dans le haut du panier et sont assez inespérées pour le tarif proposé.
So Long JMI
La tablette se trouve dotée d’une batterie de 8000 mAh. C’est plus que l’iPad 2 (à 6900 mAh) mais moins que l’iPad 3 (11666 mAh). On se trouve donc face à une batterie d’une capacité assez importante avec laquelle le constructeur annonce 10h d’autonomie. Bien sûr, cette autonomie dépend aussi de la consommation des composants. Or, si le CPU est 60% plus rapide que l’A5 d’Apple, il va sans doute aussi consommer 60% d’énergie en plus, étant donné que c’est simplement la fréquence d’horloge qui à été augmentée. De même, difficile de dire si les autres périphériques (écran, réseau, etc.) sont aussi économes que chez la tablette d’Apple. Le mieux est alors tout simplement de voir à l’usage. On sait bien que suivant les scénarii d’utilisation, l’autonomie peut varier du simple au double. Le protocole retenu ici est de passer une vidéo en boucle jusqu’à ce que la tablette crie grâce. La vidéo en question (l’inénarrable Big Buck Bunny) est en H264 1080p. La lecture se fait avec rétro éclairage à 50%, Wifi activé et pas de son, parce que c’est meilleur pour ma santé menta !
On utilise le lecteur vidéo de base. S’il n’indique pas clairement la manière de décoder la vidéo (software ou hardware), l’aisance avec laquelle il fait ce travail semble pencher pour un décodage assisté par le GPU. L’énergie consommée est alors plus faible qu’avec le CPU uniquement.
À ce régime, la tablette a duré pile 3 h avant d’atteindre le seuil de la première alerte à 14% de batterie restante. Le seuil des 4% fut atteint quant à lui après 4h10. C’est ensuite que ça devient amusant. Si vous pensiez encore que les informations données par Android sur l’état de la batterie étaient fiables voilà qui démontre bien que vous êtes dans l’erreur et que le déchargement est tout sauf linéaire. En effet, les 4 derniers pourcents ont duré : 1h10 !
Soit donc 2min / pourcent durant les premiers 86 %. Puis 7 min / pourcent durant les 10 % suivant et enfin 17,5 min / pourcent (!) pour les derniers 4%. Il faut donc se méfiez des estimations à l’emporte-pièce basées sur les chiffres donnés par le système.
Ainsi, après une très longue agonie, la tablette à finalement jeté l’éponge après 5 h 20 min de lecture vidéo Full HD ininterrompue. Pas mal du tout. Certes, si vous jouez à un jeu 3D avec le son, le Bluetooth et l’écran à fond, son calvaire sera sans doute moins long (sous doute un peu plus de 4h). D’un autre côté, si vous réglez l’écran au minimum et que vous ne faites que du surf modéré, l’autonomie pourrait avoisiner les 8h, ce qui est finalement assez proche de l’estimation du constructeur. Une belle performance donc.
Conclusion JMI Tech T970
Noté par Tablette-Tactile.net: 4.0 étoiles
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À l’heure du bilan, que retenir ? Et bien, pour résumer, la tablette est rapide, robuste, pas chère et même pas moche. Tout au plus lui reprochera-t-on son épaisseur, éventuellement son poids (encore que), l’absence de GPS et de petits couacs logiciels qui ne seront, on l’espère, bientôt plus que des souvenirs. Mais pinailleries que tout cela : globalement, c’est une bombe.
Si on compare à la concurrence, le rapport qualité-prix saute aux yeux. Par rapport à un iPad 2, la comparaison est assez sévère. A 409€, on paye assez cher la finesse et le ticket d’entrée dans l’écosystème Apple, surtout avec un processeur moins rapide et pas de port USB.
Face à Archos, le constat est un peu moins clair, en parti à cause de l’anarchie qui règne chez les revendeurs entre les prix est les modèles pour la Gen 9 (turbo ou pas ? 8 Go ? 16 Go ou 250 Go ? Honeycomb ou ICS ?). Néanmoins, le concurrent le plus proche serait l’A101 G9 Turbo 16 Go que l’on trouve, au moment où j’écris ces lignes, autour de 320 € (à Darty ou sur Amazon par exemple). Dans les deux cas, la JMI semble donc être une alternative très sérieuse.
La JMI deviendra-t-elle LA tablette Android ultime ? Une jeune société française pourra-t-elle concurrencer l’ogre Apple ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite !
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