Des politiques de prix abusives ?

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prix abusif ?Internet, par la circulation d’informations qu’il génère, permet à celui qui s’y intéresse un tant soit peu de consommer mieux. Et dans cette recherche du rapport qualité/prix se dégage une caractéristique bien connue du domaine informatique : les différences de prix. Ainsi, alors que d’autres industries comme le textile cachent leurs marges avec des produits différents, il est très facile de connaître la composition d’un ordinateur et les marges réalisées par chaque constructeur, entrainant alors des réactions inévitables de la part des consommateurs que nous sommes tous.

Qui n’a pas entendu quelqu’un se plaindre des prix pratiqués par certaines sociétés informatiques, en brandissant des fiches techniques détaillées prouvant par a+b qu’un autre produit est bien meilleur pour un prix inférieur ? Bien peu en réalité si on se ballade un peu sur internet à la recherche d’informations sur un produit. Du fait d’une certaine standardisation des composants informatiques, on peut facilement être au courant du prix de revient d’un produit et le gouffre qui existe entre le prix sorti d’usine et le prix de vente a de quoi en énerver quelques uns. Mais, malgré les apparences, les marges pratiquées par certaines sociétés ne sont pas de l’arnaque organisée comme on se plaît pourtant à le croire.

Le leader historique des marges confortables est Apple, et alors que de nombreux constructeurs cherchaient souvent le prix le plus bas, la firme de Cupertino se permettait de vendre ses produits bien plus chers que ses concurrents, tout ça avec succès. Mais l’emploi du passé n’est pas anodin, car depuis quelques mois, les choses ont changés du fait de l’arrivée des tablettes tactiles. Alors que Apple vend ses produits habituels assez chers, l’iPad a créé la surprise par son prix réduit. Apple avait alors déjà compris que la tablette, qui ne revêt pas le même côté indispensable que peut avoir le smartphone et l’ordinateur portable, devait être proposée à un prix abordable pour des consommateurs recherchant uniquement du confort. Mais alors que Apple revoit ses marges à la baisse dans ce secteur, d’autres en profitent pour les revoir à la hausse, souhaitant se positionner sur du haut de gamme. Ainsi, Samsung a surprit tout le monde avec sa Galaxy Tab, et les autres acteurs de ce secteur ont plus ou moins suivi le mouvement avec des tablettes  plus chères que l’iPad d’Apple. On pourrait citer l’Optimus Pad de LG ou la Xoom de Motorola.

Et voilà alors les critiques à l’égard des sociétés trop gourmandes à nouveau d’actualité pour les tablettes.

Mais même si il est toujours déplaisant de devoir payer une tablette deux à trois fois plus cher que son prix de revient, beaucoup oublient que ces marges nous sont bénéfiques, indirectement. Bien-sûr, elles comprennent les frais de conception et de marketing, mais d’une façon générale, des marges élevées font avancer l’informatique bien plus sûrement que des dizaines de producteurs low-cost. Apple, même si sa stratégie diffère pour l’iPad, s’est considérablement enrichit avec ses autres gammes de produits et dernièrement la vente de contenu lié avec lesquels la société récupère 30% du prix de vente. Les résultats positifs de ces marges conséquentes sont évidents ; c’est la forte capacité d’investissement de la firme qui a permis de prendre des risques pour lancer un produit alors quasiment inexistant du marché, la tablette. La souris et la révolution de l’interface tactile sont également de son fait, et elle a su prendre de gros risques pour développer ou reprendre une technologie pour ensuite la lancer sur le marché, soutenue par de grands investissements.

Les autres constructeurs n’ont globalement pas été aussi innovants car ils n’avaient pas réellement les moyens ou le courage de se lancer dans la conception d’un produit « révolutionnaire », et les constructeurs de tablettes semblent aujourd’hui vouloir disposer d’une telle marge de manœuvre pour se démarquer sur ce nouveau marché.

À ce jeu là, le mieux parti semble être Samsung qui a vendu de nombreuses Galaxy Tab et se renouvèle assez bien pour sa nouvelle génération de tablettes. Sa percée sur le segment des smartphones hauts de gamme est elle aussi très bien engagée et ces succès nous laissent espérer de vraies avancées pour les prochains produits de la firme.

De la même façon, les smartphones sous Android de Motorola ont eu un franc succès aux Etats-Unis et nul ne pourra nier le côté innovant des derniers produits de la marque, le Motorola Atrix en tête.

L’avenir nous dira si Samsung et Motorola sauront gérer leurs bénéfices de manière à faire avancer durablement le monde informatique, à notre plus grand profit.

Malgré le fait que se soient les constructeurs hauts de gamme qui innovent et font avancer le marché, il ne faut toutefois pas oublier que les produits informatiques ne sont pas réservés à une élite. Les constructeurs semblent un peu trop convoiter la place de leader haut-de-gamme du marché des tablettes, place qui leur permettrait des retombées d’image positives pour tous leurs autres produits. Mais cela crée un vide dans ce marché, ce qui laisse le champ libre à des nouveaux entrants qui produisent des produits très peu chers, souvent de piètre qualité.

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3 commentaires
  1. @Cédric : Il est évident que l’argent récolté ne part pas intégralement dans la R&D, et certaines sociétés investissent bien plus que d’autres en pourcentage du CA. Mais une chose est sûre, les sociétés low-cost dont la priorité est de réduire le prix ont beaucoup moins de ressources à mettre dans la recherche que les autres. Après il faut savoir faire la différence pour chaque société et privilégier celles qui innovent pour un prix correct et ne pas se focaliser uniquement sur le prix car ce comportement pousse au final à une baisse générale de la qualité des produits.

    @Jean-Marc : Penser que les entreprises informatiques rackettent systématiquement leurs clients est un peu réducteur. De notre point de vue cela peut paraître excessif mais en prenant en compte tous les aspects cela ne l’est pas tant que ça. De plus la comptabilité ne peut jamais rester entièrement secrète et l’excès peut être vite puni par la concurrence.
    En revanche, si tu veut voir de l’abus tourne toi plutôt vers les entreprises du textile qui arrivent à vendre sous leur marques des vêtements produits en Chine, Inde ou Bangladesh pour un prix dérisoire. Et là, sachant le peu de différence qu’il peut y avoir entre un vêtement bas de gamme et haut de gamme, c’est clairement excessif.
    Pour le fait qu’ils soient obsolètes il faut savoir que les entreprises s’alignent aussi sur les consommateurs, et malheureusement on remarque que les consommateurs jètent bien souvent leurs appareils électroniques avant la fin de leur vie. Du coup, à quoi sert-il de faire des appareils chers et durables quand nous changeons rapidement nos téléphones pour un nouveau design et notre ordinateur pour jouer au tout dernier jeu ? C’est à nous de changer notre comportement si on souhaite vraiment changer les choses.
    Pour la reconnaissance vocale, elle se démocratise dans les smartphones et les ordinateurs mais elle n’est clairement pas pratique dans les transports en communs, les endroits bruyants ou quand on ne veut pas que les gens nous écoutent à côté. Les goûts et les couleurs en somme.
    Et pour finir, je dirai juste que pour réduire l’obsolescence, des produits chers et de qualité me paraissent une assez bonne parade à une avalanche de produits bas de gamme, peu cher et très “jetables”.

  2. Tu sembles dire que grâce au racket des entreprises informatiques, dont Apple fait partie, nous devrions être contents qu’ils puissent rendre obsolètes nos matos chèrement payés, tous les 2 ans environ?

    Je ne suis pas du tout d’accord et juste pour exemple, ce n’est pas l’interface tactile qu’il aurait fallu inventer pour rendre service à l’humanité, mais bien la vraie reconnaissance vocale, depuis plus de 20 ans que nous sommes obligés d’utiliser un clavier et une souris!

    Enfin, je rappellerai juste qu’une tablette, ce n’est rien d’autre qu’un pauvre machin qui finira, comme un paquet d’autres, dans d’énormes décharges de pays pollués par notre propre boulimie d’inutiles gadgets électroniques.

  3. Hum… un peu tiré par les cheveux, non ?
    Surtout quand on sait que les marges reviennent souvent dans la poche des actionnaires et pas forcément dans l’investissement.

    Dans le cas d’Apple, c’est un peu différent puisqu’ils ne distribuent pas de dividendes. Pour la majorité des boîtes, un gros prix veut surtout dire plus d’argent dans la poche de gens qui en ont déjà beaucoup.

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