De nouveaux espoirs pour l’accessibilité numérique mobile en France et dans le Monde.

Par ,

Le vendredi Janvier 2012 se tenait au CNIT La Défense le premier salon Urbaccess. Compte rendu par Yves Zieba.

Urbaccess

Article invité par Yves Zieba : consultant indépendant en Stratégie, Fusion Acquisition et Gestion du Changement. Passionné de technologies mobile, d'innovation, de design universel et de m-commerce. Engagé pour améliorer l'accessibilité numérique, web et mobile. Vous le retrouverez sur @ziebayves, et aussi sur linkedin, viadeoGoogle+ et facebook.

Le premier évènement du genre

Invité à cette grande première par Jean-Yves Prodel, expert international en Conception Universelle, j’ai pu constater l’importance du thème, et me rendre compte que les choses progressent mais trop lentement, notamment en matière d’accessibilité numérique.

Après un discours inaugural prononcé par les autorités européennes et françaises, nous avons pu participer à quelques conférences, un repas de réseautage et parler aux commerciaux de certains stands de l’accessibilité mobilité. Que pouvons-nous en retenir ?

Commençons par les faits : une personne sur 7 ((Chiffres provenant du rapport de l’OMS, A World Report on Disability)) sur notre planète vit avec une déficience cognitive ou physique. Soit un milliard d’individus. Ajoutons à cela le vieillissement de la population, et on comprend mieux pourquoi le titre de la conférence est Marché Majeur des 30 prochaines années (et probablement bien au-delà). Cela créé naturellement des besoins spécifiques bien souvent mal compris par les industriels, designers et architectes numériques.

Que disent les textes de loi en France et en Europe ?

Présents sur le forum, certains responsables politiques responsables de la politique de la ville, notamment le maire de Grenoble (ville plusieurs fois lauréate en prix pour l’accessibilité), et l’adjoint au maire de Creil, très actif sur ce thème, ont mentionné l’importance de la transversalité dans ces actions et le rôle majeur des collectivités locales de proximité.

Tous les secteurs sont concernés par l’accessibilité, le tourisme, la culture (le musée), l’urbanisme, l’architecture des logements, les transports, et le numérique, les tablettes et autres smartphones. En matière d’accessibilité mobile, les référentiels actuels sont disponibles sur le site de la DGME, ce sont les RGAA V2.2.1 et WCAG2.0

A quand des tablettes enfin totalement accessibles pour tous ?

Lors de ma visite sur les stands, je me suis focalisé sur ceux qui avaient une offre accessibilité mobile, en l’occurrence deux ont retenu mon attention, atalan et urbilog

Ce qui m’a frappé en leur parlant, c’est de réaliser que malgré l’existence d’une loi, même les sites internet des organismes publiques ne sont pas aux normes. Il semblerait donc que la loi ne soit pas appliquée, ou pas applicable. Les sites commerciaux sont probablement encore loin derrière, comment les blâmer si les sites publics ne montrent pas l’exemple.

Ou fait-il bon vivre en termes d’accessibilité ?

Grenoble, de nuit
Grenoble, de nuit

Grenoble, bien sur, Nantes et Montpellier sont sur le devant de la scène en France. Barcelone est un modèle en Europe.

Paris était présent et a une vraie politique pour améliorer une situation qui en a bien besoin.

Là ou le bas blesse…

On se rend compte que les décisions prises et les arbitrages (notamment budgétaires) sont particulièrement subjectives (certaines autorités locales se sont faites épingler, notamment Toulouse, pour ne pas la citer) et que trop souvent, il y a contradictions entre économies budgétaires et lois sur l’accessibilité.

Autre contrainte, la loi sur la protection des monuments et autres éléments du patrimoine, très souvent interprétée comme bonne raison pour ne rien faire.

Le meilleur pour la fin, entrevoir une solution pour l’accessibilité numérique

Pour clore cette journée, j’ai pu assister à la meilleure conférence du programme de la journée, avec une session modérée par Jean-Yves Prodel de chez JYPCONSEIL, dans laquelle participaient les gurus du design universel, Valerie Fletcher, autorité en la matière venue de Boston, qui honorait l’évènement de se présence, le fondateur de Design for all Foundation, venu d’Espagne, et une enseignante des Arts et Métiers. Une vraie expertise s’est dégagée de cette session, et les principes du design universel, si ils étaient appliqués à l’User Interface et à l’User Experience pour tous les designers, programmeurs d’applications mobiles pour tablettes ou smartphones, rendraient réellement accessibles de plus en en plus de contenu.

Bénéficiant des avancés de Siri sur IOS 5 et autres améliorations sur Android ou Windows. Si chaque équipe de développement mobile, chaque chef de produit, chaque expert UI, chaque architecte prenait le temps de s’y intéresser, et de se former au contact de ces experts, cela irait surement dans la bonne direction. Ces équipes se rendraient également bien service en servant ce gigantesque marché.

La vérité est sans doute à la croisée des chemins entre Universal Design et Assistive Technologies.

En conclusion

Reprenant un commentaire du directeur du Musée parisien désormais accessible, et malgré toutes les bonnes volontés, des résistances et de l’incompréhension demeurent « il va falloir pousser les portes » et « forcer quelques décisions » pour que les choses bougent.

L’enjeu en vaut vraiment la peine.

Quelques liens utiles pour explorer la question :

le 2 528
-
Article précédentArticle suivant
2 commentaires
  1. Bonjour,

    J’étais moi aussi au Salon Urbaccess, et j’ai aussi eu le privilège d’assister à cette conférence.
    Cet article résume vraiment bien les défis auxquels nous avons à faire face.

    Un autre point, et non des moindres, a été soulevé c’est les
    difficultés financières, le fait de la crise… Une vision hyper réaliste
    de la situation était présentée. La notion de coût de production, de
    compétitivité était concrètement présente dans les débats. Ils n’ont pas
    fait dans l’utopie d’un monde ou “l’argent ne compte pas”.

    “Autre contrainte, la loi sur la protection des monuments et autres
    éléments du patrimoine, très souvent interprétée comme bonne raison pour
    ne rien faire.”

    Le site internet de Tuttimobi présente d’ailleurs un article concernant : le séminaire International de l’Accessibilité du cadre bâti ancien protégé” qui a eu lieu le 17 et 18 mars 2011.

    “Cela créé naturellement des besoins spécifiques bien souvent mal compris
    par les industriels, designers et architectes numériques” …ainsi que les urbanistes, architectes, paysagistes.

    Ne rien faire sera le pire, cela a très bien été expliqué lors des conférences (vieillissement de la population à venir)!
    Communiquer, diffuser, montrer par l’exemple et les cas pratiques…sont les arguments que nous pouvons proposer vis-à-vis de ceux qui préfèrent prendre le parti de considéré que le mieux est encore de ne rien faire.

    Merci
    Cathyc

    1. Merci Cathyc pour ces précisions, et je partage votre avis sur les obstacles à franchir et sur l’inertie ambiante. Il va falloir secouer tout ce petit monde. Yves.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Send this to a friend