À quel point la voiture électrique pollue-t-elle vraiment ? Cette étude donne une réponse claire et directe

La voiture électrique est-elle aussi propre qu’on le prétend ? Alors que les débats s’enflamment sur son impact environnemental réel, une nouvelle étude apporte un éclairage précis et chiffré. Résultat : sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique émet jusqu’à 73 % de CO2 en moins qu’un modèle thermique. Une donnée qui remet en perspective bien des critiques, et conforte le virage énergétique en cours dans le secteur automobile.

Une comparaison sur l’ensemble du cycle de vie

L’étude menée par l’ICCT (International Council on Clean Transportation) s’est attachée à mesurer les émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie d’un véhicule : de la fabrication à la mise au rebut, en passant par 20 années d’utilisation (environ 240 000 km). En moyenne, une voiture électrique génère 63 g de CO2 par kilomètre, un chiffre qui peut même descendre à 52 g/km si le véhicule est rechargé exclusivement via des sources d’énergie renouvelables.

Face à ces chiffres, les véhicules thermiques sont loin derrière : 235 g de CO2/km pour un moteur essence, 234 g/km pour un diesel. Malgré une empreinte initiale plus élevée due à la production des batteries, l’écart s’estompe rapidement : après seulement 17 000 km, l’électrique devient plus vertueuse. En France, grâce à un mix électrique faiblement carboné (essentiellement nucléaire), cette bascule pourrait même se faire dès 10 000 km.

Un écart qui continue de se creuser

Par rapport à une précédente étude de 2021, l’amélioration est notable : -24 % d’émissions supplémentaires pour l’électrique. En cause ? La décarbonation plus rapide que prévu du mix énergétique européen, qui rend la recharge des véhicules toujours moins polluante.

Cette dynamique est appelée à s’amplifier. Plus les sources d’électricité propres gagnent du terrain, plus l’écart environnemental entre thermique et électrique se creuse. En projection, une voiture électrique neuve en 2035 pourrait rejeter jusqu’à 78 % de CO2 en moins que son équivalent thermique.

Rejet moyen de C02 par kilomètre d'une voiture électrique
Rejet moyen de C02 par kilomètre pour chaque énergie

Et les hybrides ? Un compromis en demi-teinte

Les véhicules hybrides tentent de jouer la carte du compromis. Mais les résultats restent mitigés :

  • Une hybride classique (non rechargeable) émet environ 188 g de CO2/km.
  • Une hybride rechargeable descend à 163 g/km.

Si ces chiffres marquent une amélioration par rapport aux moteurs essence, ils restent largement au-dessus de ceux des électriques, et ce malgré leur prétention écologique.

Recharge d'une voiture électrique
Un Skoda Enyaq se recharge

L’hydrogène, une alternative encore théorique

L’étude s’est aussi intéressée à la voiture à hydrogène, qui divise experts et industriels. Résultat :

  • Avec de l’hydrogène bleu (produit à partir de gaz naturel), on atteint 175 g de CO2/km.
  • Avec de l’hydrogène vert (issu d’électricité renouvelable), la moyenne chute à 50 g/km, soit mieux que la plupart des électriques à batterie.

Mais le hic majeur, c’est que l’hydrogène vert n’est quasiment pas disponible aujourd’hui à l’échelle industrielle en Europe. Il reste une solution d’avenir, mais encore loin d’une application concrète à grande échelle.

Toyota Mirai
Toyota Mirai à hydrogène

La neutralité carbone de 2035 en ligne de mire

L’étude rappelle un point crucial : pour respecter ses engagements climatiques, l’Union Européenne devra maintenir l’interdiction de vente des voitures thermiques neuves en 2035. Un cap toujours prévu, mais susceptible d’être réexaminé en 2026.

L’électrification du parc automobile devra s’accompagner d’autres efforts :

  • Utilisation de matériaux recyclés ou à faible impact carbone
  • Transparence sur les analyses de cycle de vie (ACV)
  • Réduction de la dépendance aux énergies fossiles dans certains pays comme l’Allemagne ou la Pologne

Des marques comme Volvo, Polestar ou Renault commencent déjà à publier des ACV complètes de leurs modèles, comme l’a démontré Renault avec son concept-car Emblème, conçu pour ne pas dépasser 5 tonnes de CO2 sur toute sa durée de vie.

La Renault Emblème
La Renault Emblème, symbole des possibilités de décarbonation dans l’automobile

En résumé

Oui, la voiture électrique pollue, surtout lors de sa fabrication. Mais son bilan carbone global est nettement plus favorable que celui d’un véhicule thermique. Et cet avantage ne cesse de s’amplifier à mesure que l’Europe décarbone son énergie.

La question n’est donc plus de savoir si la voiture électrique est plus propre, mais comment accélérer sa transition tout en améliorant sa traçabilité, son recyclage, et son intégration dans un écosystème énergétique durable. Un défi ambitieux, mais indispensable.

Send this to a friend