Aborder la santé mentale avec humour et humanité, voilà le pari osé – et réussi – de Florence Longpré. Avec Empathie, diffusée depuis le 1er septembre sur Canal+, la scénariste et comédienne transforme l’univers d’un hôpital psychiatrique en véritable école de vie, où drame et comédie se croisent avec finesse.
Une série qui a déjà conquis le public
À peine lancée, la série s’est hissée dans le top des programmes les plus regardés sur la plateforme. Elle n’est pas passée inaperçue non plus dans les festivals : Empathie a décroché le Grand Prix du public à Série Mania, confirmant ainsi son impact auprès des spectateurs.
Ce succès s’explique par une écriture fine qui mélange des sujets graves – solitude, dépression, dépendances – avec des respirations humoristiques qui permettent de rendre ces thèmes plus accessibles. Une approche qui reflète bien la réalité : dans la vie, même les moments les plus sombres sont parfois traversés par des éclats de rire.
Suzanne Bien-Aimé, une héroïne à la fois forte et fragile
Au cœur de la série, on retrouve Suzanne Bien-Aimé, ancienne criminologue devenue psychiatre après deux ans d’arrêt forcé pour raisons médicales. Elle se décrit elle-même comme « un cas désespéré », un aveu qui illustre parfaitement la double dimension du personnage : une professionnelle compétente mais elle aussi en reconstruction.
En suivant son parcours à l’Institut psychiatrique de Mont-Royal à Montréal, on découvre une femme qui aide ses patients à retrouver pied, tout en luttant elle-même contre ses propres blessures. Ce miroir entre la vie des patients et celle du médecin donne toute sa profondeur à la série.
De l’humour au cœur de la noirceur
Si l’univers de l’hôpital psychiatrique pourrait prêter à une vision sombre, Empathie choisit la nuance. L’arrivée du personnage de Mortimer, agent d’intervention incarné par Thomas Ngijol, apporte une touche de légèreté bienvenue. Entre maladresses, amitiés improbables et dialogues savoureux, l’humour agit comme un contrepoids à la gravité des situations.
Ce mélange des tons est loin d’être anodin : de nombreux spécialistes, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignent l’importance de la résilience et de l’humour dans le parcours de guérison psychologique. Empathie illustre à l’écran ce que certains vivent dans la vraie vie : trouver des ressources inattendues pour avancer malgré la tempête.
Une fiction au service d’un message
En misant sur l’empathie, l’amitié et l’autodérision, la série réussit à aborder un sujet encore trop souvent tabou. Elle ne cherche pas à édulcorer les difficultés liées aux troubles psychiques, mais à montrer qu’il existe des chemins de reconstruction, parfois cabossés, toujours humains.
Avec Empathie, Canal+ signe une série à la fois touchante et lumineuse, qui rappelle qu’au-delà des diagnostics et des traitements, ce sont les liens humains qui font souvent la différence.


