Dossier : quelles seront les tablettes du futur ?

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A quoi ressemblera donc votre prochaine tablette ? Si le marché semble atone actuellement, les constructeurs ne manquent pas d’idées pour le relancer. Petit tour d’horizon de ce qui pourrait débarquer à court terme et d’ici quelques années.

Pour se faire une petite idée de ce qui risque d’arriver dans les mois à venir en matière de produits High-Tech, rien ne vaut un petit détour (virtuel ou physique) dans un salon spécialisé. A ce titre, le Computex, la grande messe asiatique des fabricants de composants et des constructeurs d’ordinateurs qui se déroule cette semaine à Taiwan, a fourni de nombreux éléments de réponse. Première constatation, la fin d’année 2014 et le début 2015 seront placés sous le signe des hybrides et autres X-en-1. Du laptop petit ou grand format convertible au PC de bureau avec tablette détachable, en passant par le smartphone qui se transforme en tablette ou en PC portable, tout le monde a présenté sa ou ses solutions. A commencer par Asus, qui a dévoilé plusieurs nouveautés ou évolutions de ses produits comme le Padfone S, un smartphone 5 pouces Full-HD sous Android Kit-Kat qui vient se glisser dans un écran de 8,9 pouces pour devenir tablette. Asus pousse d’ailleurs ce concept encore un peu plus loin avec le Transformer Book V, combinant un smartphone 5 pouces équipé d’une puce Atom à une tablette de 12,5 pouces et à un clavier équipé d’un second processeur (un Core i3 ou i5 ?) et d’un disque dur de 1 To pour en faire un PC portable. Subtilité de ce modèle, la partie téléphone est sous Android alors que la tablette et le laptop permettront de booter au choix sur Windows 8.1 ou Android.

2014 : année de l’hybride

Toujours coté hybrides, Dell a dévoilé son Inspiron 20 (série 3000) grand format, plutôt destiné à une utilisation domestique et chez H-P, ce ne sont pas moins de 3 modèles qui ont fait leur apparition au salon de Taipei : un refresh du Pavillion X360 avec un écran de 13,3 pouces et le choix entre puces AMD et Intel, l’Envy X360 avec son écran 15,6 pouces et là aussi le choix entre plusieurs puces suivant les performances souhaitées (mais uniquement en Intel cette fois) et enfin le Split X2, évolution du modèle sorti il y a juste un an et dont les principales différences avec ses prédécesseurs sont l’intégration des nouvelles générations de puces Intel (Bay Trail ou Haswell) et celle d’office dans la partie tablette d’un disque dur de 500 Go (alors qu’il était optionnel sur les précédents modèles).

Le Kirabook L93 de Toshiba, un hydryde 7-en-1 destiné au marché nippon
Le Kirabook L93 de Toshiba, un hybride 7-en-1 destiné au marché nippon

On citera aussi Toshiba qui pousse le concept hybride jusqu’au 7-en-1 (!), avec  le Kirabook L93, un portable tactile à clavier détachable que l’on peut aussi utiliser en mode chevalet, présentoir ou encore avec un stylet. Ce portable à écran 13,3 pouces en résolution 2560 par 1440 points, qui embarque un Core i5 de génération Haswell, un SSD de 128 Go et Windows 8.1, devrait être destiné dans un premier temps uniquement au marché japonais mais nul doute que Toshiba n’hésitera pas à le proposer en dehors de l’archipel si le succès commercial est au rendez-vous.

Des tablettes toujours plus fines et des écrans toujours plus grands

Autre grande tendance observée sur le Computex, l’émergence de modèles ultra fins et aux écrans grands formats. L’introduction sur le marché des puces de génération Broadwell par Intel (gravées en 14nm) et le début de la production de masse de masse de dalles LCD en résolution 4K sont passés par là si bien que de nombreux modèles profitant de ces deux avancés technologiques devraient bientôt arriver. Intel, justement, a déjà dévoilé son reference design , « Lama Mountain », dont l’épaisseur ne dépasse pas 7,2 mm, et Asus lui a emboîté le pas en dévoilant le Transformer Book T300 Chi, un portable convertible sous Windows 8.1 dont la partie tablette est à peine plus épaisse (7,3 mm) et qui avec son clavier amovible refermé ne dépasse pas les 14,3 mm.

Présentation du T300 Chi d'Asus au Computex 2014
Présentation du T300 Chi d'Asus au Computex 2014

L’écran est en diagonale 12,5 pouces avec une résolution de 2560 par 1440 points. Coté 4K, Panasonic propose déjà avec ses Toughpad UT-MB5 et UT-MA6 des tablettes 20 pouces à cette résolution mais de plus petits modèles pourraient aussi bientôt débarquer avec la mise en production par la joint-venture Japan Display (Toshiba-Hitachi-Sony) de dalles IPS de 10,1 pouces en résolution 3840 par 2160 points. Une autre tendance observée ces derniers mois et qui devrait s’accentuer dans les années à venir est celle des tablettes dédiées à des usages spécifiques. Nous abordions déjà ce sujet il y a quelques semaines dans notre dossier sur l’état du marché des tablettes mais le phénomène devrait encore s’accentuer. Ainsi après les tablettes pour le jeu, la cuisine, l’éducation ou la création graphique, ce sont des niches encore plus étroites qui devraient bientôt être adressées par les constructeurs comme celle de la prise de commande en restauration ou des terminaux point de vente dans la grande distribution. Si ce genre d’usage n’implique pas forcément de repenser entièrement l’architecture des produits, il implique néanmoins d’adapter des modèles existants avec des spécifications comme des coques résistantes à l’utilisation par plusieurs centaines de consommateurs différents ou encore des écrans insensibles aux projections de liquide pour la restauration. Toujours coté usages spécifiques, les différentes annonces d’Apple en matière de santé et de domotique lors de la récente WWDC laissent à penser que les iPad (ainsi que les iPhone) risquent de devenir des centres névralgiques pour ce type d’usage, même s’il s’agira plus de l’intégration de nouvelles fonctions au sein de iOS 8 que du lancement de véritables produits dédiés en ce sens.

Wi-Fi+ cellulaire, la nouvelle norme de l’entrée de gamme

Enfin pour les mois à venir, une autre grande tendance qui se dégage mais plutôt sur l’entrée de gamme est la généralisation des connectivités Wi-Fi + cellulaire sur les modèles low-cost. Les principaux fabricants de chipsets bon marché chinois et taiwanais, Mediatek en tête, ont vu leurs commandes de produits alliant ces deux types de connexion sans fil s’envoler ces dernières semaines, si bien qu’on peut légitimement s’attendre à une véritable déferlante de produits sous la barre des 150 euros alliant Wi-Fi et 3G et/ou 4G pour la fin d’année. Des produits qui cibleront principalement les pays émergents, où il est plus simple de se connecter au web via les réseaux cellulaires qu’en Wi-Fi, mais qui ne devraient pas faire l’impasse sur des marchés plus matures comme ceux d’Amérique du Nord ou d’Europe.

Après-demain, de la 3D pour les capteurs et les écrans

A plus long terme, les prochaines évolutions dans le domaine des tablettes concerneront principalement le relief, qu’il s’agisse de capturer en 3D ou d’afficher avec une sensation de profondeur. Pour la partie capture, Google travaille déjà dans ce sens avec son Projet Tango, qui devrait être décliné sous forme d’un smartphone mais aussi d’une tablette 7 pouces. Le but est de faciliter la cartographie de lieu ou d’objet en 3D afin de permettre leur affichage en relief ou leur impression sur une imprimante 3D. D’après le Wall Street Journal, la firme de Mountain View aurait déjà commandé la mise en production de 4000 exemplaires prototypes de cette tablette, afin probablement de lancer assez rapidement un béta test conséquent auprès de développeurs sélectionnées, à l’image de ce qu’elle fait depuis plusieurs mois pour ses Google Glass. Coté affichage, les pistes les plus avancées se trouvent chez Intel où des prototypes d’écrans circulent depuis quelques semaines, les Floating Display, combinés à la technologie maison de capture Real Sense à base de caméras dotées de capteurs pour offrir ensuite une vision en relief.

"L'écran flottant" d'Intel, ici en utilisation sur une tablette.
“L'écran flottant” d'Intel, ici en utilisation sur une tablette

L’immersion dans un monde en relief est aussi une piste activement poursuivie par les promoteurs des casques de réalité virtuelle comme Facebook avec l’Oculus Rift ou Sony avec le projet Morpheus. Si le second compte s’appuyer sur sa console PS4 pour disposer de la puissance nécessaire à faire correctement fonctionner ce type d’accessoire, Facebook de son côté s’est récemment rapprocher de Samsung pour que son futur dispositif puisse fonctionner avec un smartphone ou une tablette. Cela implique des tablettes bien plus puissantes que les modèles actuels, d’où la possibilité de plus en plus grande de voir arriver à moyen terme, en particulier chez le Coréen, des modèles n’ayant rien à envier côté performances à des PC portables ou desktop de dernière génération.  L’intégration des nouvelles puces de génération Broadwell et Atom Bay Trail (le fondeur a annoncé au Computex pas moins de 130 modèles de tablettes utilisant cette génération de processeurs d’ici à la fin 2014) ainsi que l’arrivée du Tegra K1 de NVIDIA (déjà présent sur le MiPad de Xiomi) devrait aller dans cette direction, alliant plus de puissance de calcul à une consommation énergétique contenue.

Des tablettes moins bien équipées mais qui utilisent le grid computing

Mais chez NVIDIA, on ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier et on mise aussi sur le Grid Computing pour offrir plus de puissance de calcul aux tablettes (ainsi qu’aux smartphones et phablettes). Sous ce terme, on trouve la technologie visant à déporter les calculs, en particulier graphiques, sur des serveurs dans des datacenters et qui sont ensuite transmis aux clients (tablettes par exemple) via Internet. Cela implique des réseaux de communications rapides et de préférence pas trop engorgés (sous risque sinon de voir très vite arriver du lag dans l’affichage) mais aussi des clients légers et pas forcément suréquipés. Ainsi une tablette d’entrée de gamme serait parfaitement capable de faire marcher un jeu dernier cri, quand bien même ses composants seraient inaptes à le faire fonctionner « localement ». Ou encore permettre à une tablette de faire tourner des outils de modélisation et de rendu 3D sans pour autant avoir besoin de la garnir de composants haut de gamme.

Comme vous pouvez le constater, polyvalence, diversification des usages et large choix en termes de gamme et de prix semblent être ce qui nous attend pour les années à venir. Si l’ère du PC n’est pas encore clôturée (loin de là), celle de la tablette vient à peine de commencer. Mais cette dernière risque fort de durer bien moins longtemps que sa devancière, d’autres technologies comme celles de l’informatique wearable pointant déjà le bout de leurs composants à moyen terme.

 

 

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