Kobo aura HD : le petit dernier est le plus grand

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La pétulante et non moins canadienne société Kobo a annoncé hier, sans signe annonciateur préalable, un petit nouveau dans la fratrie des liseuses éponymes : Kobo Aura HD. Alors, écartons tout de suite les jeux de mots de bas étages et et regardons ce qu’aura (ah ah) de plus ce nouveau compagnon de lecture.

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Mais évidemment, avant de rentrer dans le vif du sujet, explicitons le titre de l’article que vous êtes en train de lire ; en effet, les amateurs de bandes dessinées ne manqueront pas sans se rappeler d’Averel Dalton, le benjamin d’une fratrie de quatre garçons, qui s’avère être le plus grand… L’analogie entre les 4 Kobo proposés sur le marché et les 4 brigands du far west fonctionne jusqu’au bout, comme vous le comprendrez à la fin de l’article.

Il s’agit donc d’une liseuse comme il en existe plusieurs modèles sur le marché, qui a vu naître dans sa génération précédente des appareils rétro-éclairés (attention, certains n’aiment pas qu’on parle de rétro-éclairage car la lumière ne vient pas de derrière l’écran en tant que tel, mais illumine l’écran de manière à ce que l’oeil du lecteur ne se prenne pas l’éclairage directement dans la vue ; il n’empêche que ça permet de lire dans le noir ou dans des conditions sombres). Chez Kobo, il s’agit du Kobo Glo ; chez Amazon, du Kindle Paperwhite, par exemple.

Notons que cette évolution était, avec du recul, loin d’être un gadget. Pour une différence de prix relativement faible (en général une trentaine d’euros) avec une liseuse classique, qui dépend de l’éclairage ambiant, on se retrouve avec un produit utilisable dans de plus nombreuses situations ; notamment pour ceux dont l’éclairage domestique est imparfait, ceux qui prennent le métro qui tombe en panne d’électricité régulièrement, ceux qui souhaitent lire sans réveiller madame qui dort à côté, ou ceux qui aiment lire sous la couette.

Rappelons le principe même d’une liseuse : il s’agit d’un appareil de la taille d’une petite tablette (écran d’environs 6″) dont l’écran à la technologie dite à encre électronique (E-Ink) permet de générer une “impression” de pixels très contrastés. La différence avec un écran classique peut être facilement perceptible : essayez de lire à la plage, pendant une journée ensoleillée, avec un iPad, puis avec une liseuse… vous percevrez rapidement la différence. La technologie permet donc de restituer le rendu du papier et, comme pour un livre papier, offrir un contraste idéal pour la lecture. Autre avantage : contrairement à des écrans classiques qui consomment de l’électricité en permanence pour laisser les pixels affichés, les écrans E-Ink ne sollicitent la batterie principalement que lorsque leur contenu change (au chargement d’une page). Pour les amoureux des belles technologies et pour en savoir plus, vous pouvez toujours jeter un coup d’oeil à la notion d’affichage électrophorétique pour en comprendre les fonctionnements. Et puis, admettons-le, ça en jette en plein milieu d’un dîner mondain quand on peut mentionner une technologie électrophorétique.

Kobo Aura HD, annoncé lundi, reprend donc cette technologie et ce principe d’écran E-Ink capable de s’illuminer. Mais la nouveauté réside dans la taille et la résolution : il s’agit cette fois d’un écran un peu plus grand : 6,8″ avec une nouvelle apellation technologie : ClarityScreen+ (vs Pearl VGA pour le Kobo glo) dont on ne sait pas encore tout, mais qui consiste a priori et principalement en une meilleure définition (1440 x 1080 contre 1024 x 758 pour le Kobo glo) et qui peut servir de gilet pare-balles semble plus résistant aux chocs.

Autre différence entre Kobo Aura HD et ses frères : le dos, traditionnellement imitant un matelas de plastique (plus ou moins réussi selon les générations et les modèles reconnaissons-le) devient là une sorte de… forme… qui se veut design. Le mieux est sans doute d’aller voir soi-même à quoi cela ressemble sur le site de l’assembleur ou ci-dessous. Difficile de juger avant de l’avoir eu dans les mains mais, spontanément, ça semble à la fois innovant et assez moche à la fois :

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On notera également la volonté de Kobo de favoriser la notoriété de la marque avec la mention “Kobo” explicitement visible de ceux qui se tiendront face au lecteur. C’est une idée comme une autre, sauf que dans la vraie vie, et contrairement aux habitants du site kobo.com, on lit rarement avec l’appareil bien droit et bien visible. Mais là, je chipote.

Finalement, qu’est-ce qu’apporte ce nouvel appareil ? Dans l’écosystème des liseuses Kobo, nous avions Joe Dalton, alias Kobo mini [80 €] (écran de 5″, soit le standard des smartphones du moment, comme le Samsung Galaxy S4 par exemple), Jack alias Kobo touch [100 €] qui est un peu l’appareil de base (notons au passage que son apellation “touch” est totalement surfaite car tous les appareils Kobo sont tactiles), et William alias Kobo glo [130 €], celui qui permet de lire dans le noir.

L’écran d’Averel, alias Kobo Aura HD, pour environs 50 € de plus que Kobo glo, est de meilleure définition, plus grand, propose un nouvel aspect et des nouveaux coloris (finis les fonds roses et bleu piquant des autres modèles : on se contentera de choisir entre ivoire, onyx et café – disons-le tout de suite : blanc, noir, ou brun). Sans test dans des conditions réelles (on attend par exemple de se rendre compte de la différence éventuelle de l’écran à l’usage, de la durabilité de la batterie, ou encore de la prise en main), difficile de se prononcer ; cela ne semble toutefois pas changer fondamentalement l’expérience de lecture, déjà excellente sur les autres liseuses. Le produit semble s’inscrire comme l’appareil le plus haut de gamme du marché et s’adresser aux lecteurs chevronnés (comme l’annonce le constructeur). Oui mais voilà, de qui s’agit-il vraiment ? Car au fond, les lecteurs chevronnés sont déjà équipés d’une liseuse avec éclairage intégré qui leur convient déjà très bien. S’agit-il là de viser les lecteurs qui veulent simplement frimer avec le nec plus ultra de la lecture ? Avouons-le, c’est bancale. Ou bien, s’adresser à une cible plus senior, sensible à l’argument d’un écran encore plus confortable pour les vues fatiguées ?

Il n’en demeure pas moins que Kobo semble s’inscrire dans une stratégie commerciale simple : que vous ayez 70 €, 100 €, 130 € ou 170 € en poche, il y aura toujours un Kobo pour remplir votre budget. On retrouve bien ce principe sur la page d’accueil du site du constructeur : “une liseuse pour tout le monde”.

Kobo Aura HD sera disponible au mois de Mai, distribué par la Fnac en France. Il semble qu’il s’agisse d’une édition limitée.

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