Test de la tablette BQ Aquaris E10 3G

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La jeune marque espagnole BQ est implantée depuis peu en France. A cette occasion, nous vous proposons un test de la tablette Aquaris E10 dans sa version 3G. Fait-elle le poids face à la concurrence ?

BQ Aquaris E10

 

I – Caractéristiques techniques

Disponible en deux versions, avec et sans 3G, la tablette de BQ se positionne dans le milieu de gamme avec un prix d’appel de 279.90€. Le modèle 3G est quand à lui disponible pour la somme de 309.90€ en vente sur la boutique en ligne. Pour ce prix, que nous propose la marque espagnole ? Voici la liste des spécifications :

  • Ecran 10.1″ IPS Full HD format 16:10 1920 x 1200 soit 225 ppi
  • Processeur octa-core MediaTek MT6592 cadencé à 1.7 GHz
  • GPU Mali 450-MP4 cadencé à 700 MHz
  • 2 Go RAM
  • 16 Go de mémoire de stockage
  • Ports micro-USB 2.0 OTG MHL, micro-SD, micro-SIM (version 3G uniquement), jack 3.5 mm
  • Wifi 802.11 b/g/n, bluetooth 4.0, 3G+ (HSPA+ / UMTS / GSM), radio FM
  • APN 5 MP et 8 MP avec double flash
  • Batterie Li-Po 8680 mAh
  • Android 4.4 KitKat
  • Dimensions : 243.5 x 165 x 9 mm
  • Poids : 570 grammes

A priori, l’ensemble est plutôt correct, même si le GPU risque d’être un peu léger pour les jeux récents. L’absence de port HDMI est compensée par le port USB qui gère le MHL et qui peut donc recevoir un câble USB -> HDMI vendu séparément (moins de 10€). La version 3G intègre un seul port SIM, ce qui sera peut-être insuffisant pour certains. Le point fort de cette tablette Aquaris E10 réside dans sa batterie qui s’avère de très bonne qualité, mais nous y reviendront plus tard dans ce test. Pour ce qui est de l’OS, c’est sans surprise Android 4.4 dans une version sans surcouche qui fait tourner l’engin.

BQ Aquaris E10
La boite est sobre, tout comme la tablette.

Nous sommes donc à priori devant une tablette tactile qui ne cherche pas à briser les codes et à créer l’événement, mais plutôt à séduire un public qui recherche un engin aux performances décentes sans avoir à vider le compte en banque. Cela se confirme d’ailleurs dans l’esthétique comme nous allons le voir maintenant.

 

II – Design et aspect général

Déjà possesseur d’un terminal de BQ, en l’occurrence l’Aquaris E4.5 Ubuntu Edition, j’avoue ne pas avoir été dépaysé par l’Aquaris E10. En effet, j’ai eu l’impression de voir mon smartphone qui aurait simplement été étiré au format 10″. On retrouve donc le même design avec une coque noire en plastique estampillée du logo de BQ et l’appareil photo avec le double flash en haut à droite. Pas de haut-parleurs à l’arrière, ils sont situés chacun sur une tranche. A ce propos, le son rendu est vraiment très bon comme c’était déjà le cas sur l’Aquaris E4.5.

BQ Aquaris E10
La gamme Aquaris est très homogène. Ici, les terminaux E10 et E4.5.
BQ Aquaris E10
La coque est intégralement en plastique. L’APN de 8MP intègre un double flash.

La tranche gauche accueille la connectique avec le port micro-SD et le port pour la carte SIM sur la version 3G. Tout comme sur les smartphones, l’ouverture s’effectue avec un outil dédié inclus dans la boite. Les boutons physiques pour le volume et l’alimentation se situent eux aussi sur le même bord de la tablette.

BQ Aquaris E10
La version 3G intègre un port micro-SIM débloqué tout opérateur.
BQ Aquaris E10
Les boutons de volume et d’alimentation ne présentent pas de jeu, la conception est solide.

La tranche haute est équipée du port micro-USB servant à la charge et au transfert des données. Pour rappel, ce port gère aussi le MHL, mais n’ayant pas le câble adéquat je n’ai pas pût tester cette fonctionnalité plus en profondeur. La prise casque est elle aussi située en haut. L’ensemble est bien conçu et disposé d’une façon qui ne gène pas l’utilisation en mode paysage. Si pour une raison quelconque vous utilisez la machine en mode portrait, l’un des haut-parleur peut se retrouver couvert.

BQ Aquaris E10
Le port micro-USB gère le MHL pour se connecter à un écran en HDMI.

Passons maintenant à la partie la plus importante d’une tablette tactile : l’écran. Disposant de la technologie IPS, il affiche de bons angles de vision et des couleurs plutôt bien rendues. La luminosité est suffisante pour un usage en intérieur, moins en extérieur. Mais le point le plus gênant vis à vis de cette dalle est la définition. Le Full HD est actuellement insuffisant sur une machine de cette taille. Affichant une densité de 225 ppi, l’Aquaris E10 laisse vite entrevoir les pixels. L’an dernier, un tel défaut serait passé presque inaperçu, mais face à la concurrence actuelle qui propose des dalles similaires pour moins cher, la machine espagnole aura du mal à se différencier. C’est dommage, un petit effort de plus aurait vraiment pu changer la donne à ce niveau. Un point à retenir cependant : l’écran bénéficie d’un traitement anti-rayures Dragontrail afin d’assurer une bonne durée de vie à la dalle.

BQ Aquaris E10
L’écran est moyen malgré de bons angles de vision.

Pour conclure, l’Aquaris E10 reste dans les rails de la gamme existante : sobriété et simplicité. Même la boite ne fait pas exception. Un choix logique qui unifie le rendu visuel de chaque gamme de la marque, mais les utilisateurs pourront peut-être ressentir une certaine déception venant justement de ce manque de risque. En sera-t-il de même pour le côté logiciel ? Réponse au paragraphe suivant.

 

III – Interface et applications

Tout comme l’aspect physique, le côté logiciel de la tablette tactile espagnole est tout en simplicité. C’est Android 4.4 KitKat qui est intégré dans sa version Stock. Aucune surcouche constructeur n’est implémentée. On est donc ici avec une expérience Android pure. Malgré tout, quelques éléments dans l’interface pourront faire pencher la balance en faveur de l’Aquaris E10.

 

BQ Aquaris E10
L’Aquaris E10 tourne sous Android 4.4 KitKat sans surcouche.

En effet, le système a reçu quelques menues modifications qui ne sont pas sans rappeler celles que l’ont peut retrouver sur les ROMs modifiées comme CyanogenMod ou Paranoid Android. Ainsi, les tuiles de la barre de paramètres rapides peuvent être changées de place ou même désactivées à la volée. C’est très simple et fort utile, les options étant nombreuses sur la version 3G.

BQ Aquaris E10
La barre des paramètres est modifiable à volonté.

La personnalisation ne s’arrête pas là. Couleur de la LED de notification, double-appui pour réveiller la tablette ou l’éteindre, marche / arrêt automatique… Il est même possible d’enregistrer ce qu’il se passe à l’écran comme sur le Oneplus One. C’est agréable de pouvoir bidouiller l’engin à sa convenance sans passer par un flash complet ! C’est le genre de choses que j’aimerai voir plus souvent sur les tablettes d’entrée et milieu de gamme.

BQ Aquaris E10
L’écran de modification de la LED de notification.

En dehors de ça, il est aussi agréable de constater que BQ met à jour régulièrement ses machines. Ainsi, j’ai reçu deux mises à jour via OTA lors de mon test venant régler des bugs au niveau de l’écran et du wifi entre autres. Néanmois, impossible de savoir si le système migrera vers Android 5.0 Lollipop dans les mois à venir.

 

Applications

Passons maintenant aux applications pré-installées. A fortiori, le tour du propriétaire sera rapide. En dehors des applications Google, BQ ne fournit que quatre applications de son cru. La première, nommée BQ Protection Plus, permet simplement d’enregistrer en ligne la tablette afin de l’assurer contre les bris d’écran, le vol ou les chutes.

BQ Aquaris E10
L’application permet de garantir la tablette en ligne.

La seconde application, Dolby, fournit un égaliseur permettant de régler le son des haut-parleurs selon votre utilisation : musique, film, jeu, etc… Simple à prendre en main, cette application vous permettra de personnaliser votre expérience sonore au mieux.

BQ Aquaris E10
L’égaliseur Dolby permet de profiter de l’excellent son de la tablette.

Une application de radio FM est aussi pré-installée et sobrement nommée “Emission FM”. Branchez un casque audio afin de faire antenne et profitez de la radio locale. Son utilisation est simple et sans fioritures inutiles.

BQ Aquaris E10
La tablette intègre une puce radio FM.

La dernière application n’aura pas forcément sa place aux yeux du public. Nubico est un magasin d’e-books comme il en existe de nombreux sur le Play Store. Malheureusement, il est intégralement en espagnol, tout comme les œuvres proposées. A moins de maîtriser cette langue, vous risquez de n’avoir aucune utilité de cette application. Dommage qu’un effort supplémentaire n’est pas été fait pour le marché français.

BQ Aquaris E10
Si vous ne maîtrisez pas l’espagnol, Nubico sera malheureusement inutile…

Avec sa version d’Android légèrement modifiée, BQ pourra attirer les amateurs de personnalisation. On appréciera aussi les mises à jour régulières, même si rien ne garantit que le système verra une migration sous Android 5.0.

 

IV – Appareil photo

Tout comme la plupart des tablettes tactiles, l’Aquaris E10 dispose de deux APN situés chacun sur une face. Et tout comme la concurrence en milieu de gamme, la qualité est plus que moyenne. Avec le capteur avant de 5 MP, il sera possible de faire de la visio-conférence sur Skype par exemple mais les amateurs de selfies passeront leur chemin. Le capteur arrière de 8 MP épaulé par le double flash prendra des clichés corrects en plein jour. Le mode HDR est même pris en charge. Par contre, en basse luminosité, les choses se gâtent comme souvent avec le numérique.

BQ Aquaris E10
La caméra numérique est très moyenne comme sur de nombreuses tablettes tactiles.
BQ Aquaris E10
Le mode HDR est intégré. Mais la qualité des photos reste moyenne malgré tout.

Pour ce qui est de la capture vidéo, l’Aquaris E10 peut filmer jusqu’en 1080p mais j’ai remarqué quelques saccades lors du visionnage des vidéos. Il faudra donc attendre une future mise à jour qui viendra probablement régler ce petit problème. Pour ma part, ce qui m’a déçu est l’application photo utilisée : elle semble tirée d’un smartphone et par conséquent les icônes sont totalement disproportionnées, floues et bien trop grosses par rapport à l’écran.

BQ Aquaris E10
L’application photo est décevante.

La partie photo est donc une petite déception. En sera-t-il de même pour les performances globales de la tablette espagnole ? Voyons ça immédiatement au paragraphe suivant.

 

V – Performances et autonomie

Performances

La tablette tactile de BQ est dotée d’une puce de chez MediaTek, un fondeur asiatique spécialisé dans les processeurs mobiles d’entrée de gamme. Le MT6592 de son doux nom possède 8 cœurs cadencés à 1.7 GHz. Ajoutez à cela 2 Go de RAM et un GPU vieillissant, le Mali 450-MP4 cadencé à 700 MHz. Comme je le disais au début de ce test, l’ensemble est plutôt décent, mais la concurrence propose souvent mieux dans la même gamme de prix. Ça se ressent dans l’utilisation : il y a fréquemment de légers gels dans l’interface et les applications sont parfois longues à se lancer. Même si globalement ce n’est pas désastreux, loin s’en faut, on ne peut s’empêcher de ressentir une petite déception face à ce manque de punch de la tablette.

Il en va de même pour les jeux. Si vous cherchez une machine à grand écran pour jouer, passez votre chemin. Les titres récents comme Modern Combat 5 mettent immédiatement le GPU à la peine. C’est moche et de nombreux détails sont éliminés pour assurer un semblant de réactivité, rendant l’expérience décevante. Mais est-ce bien grave ? L’Aquaris E10 n’est clairement pas destinée aux gamers à petit budget.

BQ Aquaris E10
Un jeu récent comme Modern Combat 5 sera mal exploité par la tablette.

Les benchmarks sont d’ailleurs comme la tablette : bien mais sans plus. Antutu plafonne à 32216 points et Quadrant à 12596 points. Voici les résultats comparatifs dans les tableaux suivants.

BQ Aquaris E10
Score Antutu : 32216 points
BQ Aquaris E10
Score Quadrant : 12596 points

On lui trouvera surtout de l’intérêt dans le multimédia, l’écran Full HD et l’excellent rendu sonore assurant un bon confort dans ce cas d’utilisation. Les vidéos en haute définition sont décodées sans aucun problème. Et l’autonomie monstrueuse ne rend l’expérience que meilleure. C’est d’ailleurs ce point que nous allons aborder dans le paragraphe suivant.

 

Autonomie

S’il y a bien un point qui justifie son prix, c’est la durée de vie de l’Aquaris E10. La monstrueuse batterie de 8680 mAh ne semble jamais se vider. Pour avoir une idée de la consommation, elle n’a perdu que 3% de capacité lors d’une nuit avec le wifi et les notifications activées. En utilisant l’engin une ou deux heures par jour en usage mixte, j’ai pu faire durer une charge presque quatre jours. Les personnes très mobiles et n’ayant pas de quoi recharger en permanence devraient peut-être se pencher sur le terminal espagnol.

BQ Aquaris E10
L’autonomie en veille est vraiment bonne.

Afin de quantifier l’autonomie, j’ai placé l’Aquaris E10 dans notre schéma de test habituel : vidéo Full HD en boucle, écran à 50%, wifi en marche avec les notifications activées. Le résultat est plus qu’honorable comme vous pouvez le constater ci-dessous : 8 heures et 28 minutes avant que la machine ne s’éteigne complètement.

BQ Aquaris E10
Autonomie : 8h28

Ce score est certes une moyenne et l’autonomie variera selon les usages, mais globalement c’est bien le gros point fort de cette tablette tactile grand format. Et cette grande capacité sera encore plus utile dans la version 3G.

 

Télephonie

Ayant reçu en test le modèle 3G, je vais donc faire un petit résumé de cette fonctionnalité. Comme vous l’avez vu au début du test, cette version embarque un port micro-SIM. Afin de ne pas déroger à la règle d’or de BQ, l’ensemble est débloqué afin de pouvoir utiliser l’Aquaris E10 avec l’opérateur de votre choix. On appréciera l’attention.

Pour ce qui est de l’utilisation, la voix et les données sont gérées comme sur un smartphone Android. La tablette gère les normes GSM, UMTS et HSPA+ pour des débits allant jusqu’à 21 Mb/s en débit descendant et 5 Mb/s en débit montant. Lors de mes tests, je n’ai pas eu le moindre problème de connexion au réseau. Comme sur tout appareil Android, il est possible de définir un plafond de données afin de ne pas exploser le forfait.

Que rajouter de plus sur cette fonctionnalité ? Si vous êtes mobile, vous pourriez y trouver un intérêt certain, l’excellente autonomie aidant. J’imagine tout particulièrement les bénéfices pour les professionnels qui doivent souvent se déplacer, modifiant un document tout en téléphonant avec une oreillette connectée au même appareil. Mais je vous laisse juger de la pertinence de la téléphonie sur une machine de 10″.

 

Conclusion BQ Aquaris E10

Noté par Tablette-Tactile.net: 3.0 étoiles ****1/2

Avec sa tablette Aquaris E10, BQ nous offre un terminal correct, mais qui ne restera malheureusement pas dans les annales. Sans réel gros défaut, il est difficile de lui trouver néanmoins des avantages qui feraient pencher la balance en sa faveur, à part peut-être l’autonomie qui est réellement bonne. La personnalisation faisant penser à CyanogenMod pourra en attirer certains. La version 3G fait son boulot comme il faut pour un prix qui reste abordable. Dommage que l’ensemble manque du punch et du mordant nécessaire pour attirer les foules. BQ reste cependant une jeune marque qui peut encore réserver des surprises dans les années à venir. Affaire à suivre !

Les plus :

  • Autonomie excellente
  • Conception sobre et solide
  • Mises à jour régulières
  • Personnalisation à la CyanogenMod
  • Excellent son

Les moins :

  • Ecran un peu léger
  • Manque de puissance et de réactivité
  • Design un peu trop banal
  • APN de mauvaise qualité
le 0 938
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