GNU/Linux sur PC & hybride : et si vous preniez un peu de liberté ?

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Dans le marché des hybrides, Windows 10 est roi. Il existe pourtant des alternatives efficaces qui vous permettrons de reprendre le contrôle de votre hybride. Suivez le guide !

Pourquoi GNU/Linux ?

Après avoir testé le Lenovo Yoga Miix 700, je suis tombé amoureux de ce petit PC hybride efficace et passe-partout. Je m’en suis donc procuré un qui traînait en promotion sur Amazon. Mais après quelques semaines d’utilisation, j’ai vite eu ma claque de Windows 10. Certes, ce système d’exploitation est bien adapté aux hybrides. Il est simple d’emploi et bien plus stable que ses prédécesseurs. Il me manquait cependant quelques composants essentiels à mon confort : de la liberté et surtout un vrai contrôle sur mon hybride. Et en passant, un peu de plus de confidentialité au niveau de mes données. Me vint alors l’illumination : et si j’installais une distribution GNU/Linux ?

Ubuntu 17.10

Pourquoi GNU/Linux me direz-vous ? Depuis des années, le marché est dominé par Windows. Mais de nombreuses entreprises font confiance à Debian, Ubuntu ou autres pour assurer leurs tâches quotidiennes. Certains constructeurs comme Dell ou Purism travaillent même en étroite collaboration avec les développeurs de distributions majeures pour équiper leurs machines de GNU/Linux. Une distribution GNU/Linux offre en effet de nombreux avantages :

  • Ouverte et libre : le code est consultable/modifiable par n’importe qui
  • Vie privée : aucune donnée personnelle n’est envoyée pour finir entre les mains d’une entreprise
  • Choix : il existe des dizaines de distributions dans le monde

Fini donc les mises à jour sans mon accord, le pillage de mes données personnelles et l’interface qui me sort par les yeux (entre autres). J’allais reprendre le contrôle de mon brave petit hybride !

Quelques tests avant installation

Utilisant Ubuntu/Mint/Fedora et Cie depuis des années sur mon PC de bureau, je savais déjà quels points surveiller avant d’effacer Windows 10 de mon PC 2-en-1. Le Wi-Fi a toujours été pour moi un obstacle sur GNU/Linux. Heureusement, depuis 2016, sa gestion s’est grandement améliorée. Je ne peux cependant que vous conseiller de vérifier la compatibilité de votre puce Wi-Fi avant de passer à l’installation. La plupart des constructeurs proposent des pilotes (souvent propriétaires) afin d’assurer une connexion valable sur GNU/Linux. Sachant que la plupart des hybrides ne possèdent pas de port Ethernet, le Wi-Fi est donc la seule solution pour effectuer les mises à jour sans faire des tonnes de manipulations.

Ubuntu sur Miix 700
Mon Miix 700 fonctionne parfaitement avec Ubuntu 17.10. Le top !

Vous êtes bon pour le Wi-Fi ? Génial, mais ce n’est pas fini ! Afin de vraiment profiter de votre hybride, vous voudrez sûrement avoir un écran tactile tant qu’à faire. Pour ma part, le minimum syndical fonctionne sur le Miix 700. Le support du multi-point n’est cependant pas encore au point actuellement. Mais avec les mises à jour, on assiste à une vraie progression dans ce domaine. Les mouvements basiques comme le simple appui ou le glissement fonctionnent ainsi très bien, ce qui est suffisant dans la plupart des cas.

Le reste du matériel ne pose en général pas de problème. Le clavier et le son ont été reconnus immédiatement pour ma part, peu importe la distribution utilisée. Pour effectuer vos tests, je vous recommande l’emploi d’une clé USB bootable (voir un peu plus bas de l’article). Elle ira installer en mémoire vive les composants de base de votre distribution. Windows 10 n’est ainsi pas effacé et vous pouvez avoir un aperçu des possibilités de GNU/Linux en toute sérénité.

Le choix de la distribution

Les hybrides sont des petits PC portables. Il faut donc composer avec un écran relativement réduit. Après plusieurs heures de recherche, mon choix final s’est porté sur la distribution Ubuntu Gnome. Cette dernière est maintenant gérée par Canonical. On retrouve l’interface Gnome Shell – très efficace pour un usage tactile – avec quelques modifications “Made by Canonical”. Cette distribution ne plaira pas à tout le monde. Si vous êtes de ceux-là, je vous recommande Linux Mint. Après quelques réglages, elle s’adapte très bien à l’écran 12″ du Lenovo Miix 700. Je vous recommande de visiter le site Distrowatch si vous hésitez, il référence toutes les distributions GNU/Linux existantes dans le monde. Une vraie mine d’or !

Interface Ubuntu 17.10
L’interface du nouveau Ubuntu risque de diviser les fans. Elle est cependant bien adaptée aux hybrides.

Par précaution, faites une sauvegarde de toutes vos données importantesL’idéal est de créer une image disque de Windows 10. La plupart des constructeurs vous la proposent au premier lancement de Windows 10. Vous pourrez ainsi repasser sur l’OS de Microsoft si vous en ressentez l’envie. Mais croyez-moi, vous ne pourrez plus vous passer de GNU/Linux !

Pour l’installation, je n’ai pas rencontré d’obstacle particulier. J’ai créé une clé bootable avec le logiciel Rufus et une image ISO officielle téléchargée sur le site de Canonical. C’est gratuit et très simple à mettre en place ! Une fois la clé prête, il suffit de passer dans l’UEFI de l’hybride et de paramétrer le lancement sur la clé. L’installateur Ubuntu prend alors la suite, vous permettant d’essayer la distribution ou l’installer définitivement. J’ai tenté de placer Ubuntu à côté de Windows 10, mais ce dernier n’a pas apprécié. Je n’ai donc eu d’autre choix que de le supprimer définitivement (sans regrets). En moins de 20 minutes, Ubuntu était prêt à fonctionner sur le Lenovo Miix 700 !

Logiciel Rufus

Avantages et inconvénients

Certes, je prêche pour ma paroisse en vantant les mérites d’Ubuntu et plus largement de GNU/Linux. Mais soyons réalistes, tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes. Même après plusieurs mois d’utilisation, je reste confronté à quelques petits désagréments. Si les problèmes de Wi-Fi rencontrés l’an dernier ne sont maintenant que du passé, la gestion du tactile reste quant à elle assez aléatoire. Au sein de Gnome Shell, tout roule à merveille. Un seul doigt permet de bouger les fenêtres, ouvrir le Dash, etc… Mais une fois dans des applications tierces comme Firefox, il faut faire des concessions. Dans ce dernier cas, le navigateur libre ne gère pas le défilement de page avec le glissement du doigt. Pour y pallier, j’ai dû installer un navigateur basé sur Chrome nommé Vivaldi. Autre désagrément : la caméra ne fonctionne pas.

Ubuntu 17.10 tactile Firefox
Firefox ne gère pas le tactile pour faire défiler les pages. Il faut s’orienter vers Chromium ou ses dérivés.

 

Caméra GNU/Linux sur hybride
Sur mon hybride, la caméra ne fonctionne pas. Un petit désagrément à prendre en compte avant l’installation de GNU/Linux.

L’autre point le plus gênant provient de l’autonomie. Sous Ubuntu, elle n’est pas aussi bonne qu’avec Windows 10. La faute à des pilotes souvent négligés par leurs propriétaires. La communauté ne cesse cependant de s’activer pour améliorer la gestion des batteries. Pour ma part, j’ai opté pour l’utilisation de TLP, un petit utilitaire qui gère de façon automatique l’usage de votre batterie. J’ai ainsi pu gagner quelques précieuses dizaines de minutes d’autonomie. En moyenne, le Miix 700 sous Ubuntu 17.10 tient cinq petites heures. Pas génial, mais il commence aussi à se faire vieux…

En dehors de ces quelques petits inconvénients, je suis pleinement ravi de mon expérience. Ubuntu réagit bien sur le Lenovo Miix 700. Je peux même jouer à des petits jeux sur Steam. Les applications fournies de base dans la distribution me permettent de travailler (Libre Office, Gimp) ou de m’amuser (Vidéos, Rythmbox). La logithèque Gnome me fournit un large choix de logiciels libres. Je peux gérer moi-même l’installation des mises à jour, mes données ne sont pas pillées. Bref, j’ai vraiment un PC qui m’appartient !

Logithèque Ubuntu
La logithèque regorge de logiciels libres, de quoi bien remplir votre hybride !

Conclusion

Comme vous avez pu le voir, l’installation d’une distribution GNU/Linux sur un hybride est tout à fait possible. Il faut juste prendre le temps de bien peser le pour et le contre, faire des essais ainsi que des sauvegardes. Pour commencer, une distribution comme Ubuntu ou Mint est un bon choix. Vous perdrez peut-être quelques composants pas forcément essentiels comme la caméra ou certaines fonctions tactiles. Malgré tout, le jeu en vaut la chandelle : vous aurez un contrôle total sur votre PC 2-en-1.

N’hésitez pas à me dire dans les commentaires si vous avez tenté l’expérience, sur quel machine et avec quelle distribution.

le 6 552
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6 commentaires
  1. Vous pouvez installer n’importe quel système d’exploitation, si le micrologiciel (BIOS, …) n’est pas libre, alors votre appareil n’est pas libre, vous ne le contrôlez pas et on peut vous espionner sans que vous le sachiez.
    En plus, Ubuntu n’est pas libre : il inclut la version standard du noyau, Linux, avec des blobs de micrologiciel non libres, et propose des logiciels non libres. (et pour ne rien arranger, l’auteur de l’article recommande Vivaldi qui n’est pas libre).
    Si on veut vraiment être libre, mieux vaut donc se tourner vers la liste “Respects your Freedom” de la Free Software Foundation (fondation pour le logiciel libre) : http://www.fsf.org/resources/hw/endorsement/respects-your-freedom. Il y a moins de choix, c’est moins moderne et plutôt démodé, mais au moins le BIOS est libre, la distribution GNU/Linux (Trisquel, Parabola, …) est 100 % libre, et donc vous possédez vraiment un appareil avec votre plein contrôle dessus et le respect de la vie privée.

  2. Les boutons en haut a droite dans les fenetres sont vraiment plus fatigant…j’aime pas le nouveau concept!

  3. J’ai tenté l’expérience linux sur mon Toshiba Tecra A11.
    Ma distro c’est kali 😉
    Perso, j’ai tellement de liberté avec linux que je me vois pas revenir sur Windows.
    Je serai qu’en même obligé pour le taff mais mon système principal restera toujours kali.
    Des gens auront bon dire “oui mais kali, c’est pas une distro à utiliser tous les jour…”.
    Ceux qui disent ca c’est n’importe quoi, les développeurs disent comme quoi il le conseil a tout le monde dans le sens où cette distro peut être utilisé quotidiennement pour un utilisateur lambda.
    Pour ma part, j’apprend la cyber sécu. Raison pour laquelle j’ai choisi cette distro 😉

  4. Bonjour TabacTabou,

    Merci pour votre retour. Concernant le choix du Miix 700, je n’essaye en aucun cas de me “convaincre” d’avoir fait un bon achat : C’EST un bon achat de mon point de vue et pour mon usage propre. Car c’est ça qui est chouette dans le libre, c’est avoir la liberté de choisir. Lenovo est de plus l’un des rares constructeurs à proposer des pilotes fonctionnels pour GNU/Linux. L’usage du tactile pourra certes sembler inutile à certains. Mais il sera nécessaire à d’autres. C’est ça aussi la liberté. Vous n’aimez pas les hybrides, c’est votre choix et il est respectable. Doit-on pour autant jeter la pierre aux hybrides ?
    Quand à nos habitudes de consommation, je suis d’accord qu’il faut un minimum se pencher dessus. Fournir un seul OS par défaut pour les hybrides est une aberration à mon sens. Il existe heureusement quelques constructeurs comme Dell ou Purism qui équipent leurs machines avec GNU/Linux plutôt que Windows 10. Ils sont minoritaires, mais n’est-ce pas en faisant découvrir la formidable alternative qu’est GNU/Linux au travers d’articles comme le nôtre que le monde ouvrira les yeux ?

    Cordialement,
    Johan

  5. Un netbook ASUS, passé sous Ubuntu MATE, coûte dans les 350€, avec une distribution 100% opérationnelle, et une batterie qui tient généralement dans les 3h30. Sur certains anciens netbooks, on pouvait même changer la batterie pour multiplier l’autonomie par 2 en cas de besoin. Donc même en achetant 2 netbooks du même modèle, on restait moins cher qu’une tablette à 1000€.
    Alors il est où le progrès de ces engins ? Parce que détacher l’écran et faire mumuse au tactile pour faire défiler quelques photos de vacances ou des produits devant un client, c’est amusant 5mn, mais ça ne vaut pas 300€ de plus, en se créant des problèmes qui n’ont pas lieu d’être. La tablette sert à consulter, et non à produire, ce qui est plutôt gênant côté professionnel. J’ai bien conscience qu’on est un site spécialisé tablettes, mais après avoir lu votre article, j’ai surtout cette impression que vous voulez vous convaincre vous-mêmes que vous avez fait un bon achat, ce dont je me permets fortement de douter. Comprenez que je n’irai pas conseiller à d’autres libristes de mon entourage un engin qui pose des problèmes : soit les fabricants font l’effort de supporter correctement GNU/Linux, et je leur fais la pub qu’ils méritent pour leur impartialité. Soit ils font les autruches, et ils vont littéralement aller se faire foutre, en plus de la mauvaise pub que je ne manquerai pas de leur faire !
    Chaque OS a ses avantages et inconvénients, mais GNU/Linux marche très bien sur des portables corrects, même en entrée de gamme. Alors s’emmerder avec des tablettes, plus chères que des modèles de portable en milieu de gamme, non merci.
    Vous m’excuserez donc de briser le “rêve”, mais il faudrait quand même évoluer un jour dans nos habitudes de consommation, et arrêter de prendre l’informatique pour un jouet, alors qu’elle est bien souvent une arme de destruction massive de nos libertés. Et j’observe que bon nombre de tablettes du marché sont bridées à un OS unique et non modifiable – il aurait été bon et utile de le rappeler ici.
    Très cordialement.

    1. Entièrement d’accord avec votre déclaration.
      J’ai un Asus UX305 que j’ai forcé à passer sous Linux Mint; je dis “forcé” car la lutte avec le Bios UEFI n’a pas été facile, mais l’installation a bien aboutie.
      Tout y fonctionne très bien.
      L’autonomie est aux environs de 8 heures.

      En conclusion, j’ai un très bon zenbook et qui ne me moucharde plus.

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