Kobo Forma : test & retour d’expérience après 6 mois de prise en main

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Six mois : un temps considérablement long dans l’univers tech. Pourtant, il est plutôt restreint dans le monde des liseuses électroniques. Il faut dire que ces machines se renouvellent bien plus lentement que les smartphones ou les tablettes qui écument le marché. La Kobo Forma m’accompagne ainsi depuis sa commercialisation fin 2018. Il est donc temps pour moi de vous livrer mes impressions sur cette liseuse haut de gamme, avec tout le recul possible.

Si vous passez régulièrement sur le site – toute l’équipe vous en remercie ! – vous savez que je teste régulièrement des liseuses numériques. J’en possède d’ailleurs plusieurs chez moi. Il faut dire que je suis tombé amoureux de ces machines depuis l’achat de ma Kindle Paperwhite de 2015. Une histoire d’amour qui se poursuit depuis des années et qui ne cesse d’évoluer, tout comme ma bibliothèque d’e-books ne cesse de s’agrandir.

Un liseuse au design atypique

Alors quand Kobo annonce une concurrente à la Kindle Oasis, je ne peux que tendre l’oreille. La Kobo Forma trouve vite une place dans ma collection et ne quitte plus ma table de chevet. Il faut dire qu’elle intrigue avec son design asymétrique.

La belle est ornée d’une poignée avec des boutons pour passer les pages. Peu importe que vous soyez droitier ou gaucher, un gyroscope gère la disposition de l’écran selon l’orientation de la liseuse. Un principe déjà vu sur la Bookeen Saga ou la TEA Touch HD Plus et que je retrouve ici avec plaisir.

Design liseuse Kobo

La Kobo Forma est de plus très légère pour une machine de 8″, avec moins de 200 grammes sur la balance. C’est bien plus léger que ma vénérable Kindle Paperwhite de 6″ qui passe immédiatement pour un poids lourd.

Ce design atypique aura été un vrai régal pour moi ces derniers mois, me permettant de lire sans fatigue durant de longues heures. Créativité et efficacité : que demander de mieux ? Qu’elle soit résistante aux chocs et étanche ? Elle l’est. Malgré une ou deux chutes malencontreuses, la Kobo Forma est toujours opérationnelle. La coque anti-dérapante ne présente même pas de rayures et l’écran est toujours aussi impeccable.

Connectique Kobo Forma

La liseuse canadienne remplit donc toutes les cases de ma check-list concernant l’aspect physique. Solide, ergonomique et légère, elle a su me séduire bien au-delà de mes espérances !

Tarif : Allô ? Ici la banque …

Avant de rentrer dans le vif du sujet, passons par la case prix. La Kobo Forma coûte cher, même pour une liseuse haut de gamme. Je ne la compare toutefois pas aux machines géantes comme la Likebook Mimas à plus de 400€, leur usage n’est pas le même.

La liseuse canadienne coûte pas moins de 279€. Même pour du format 8″, ça fait cher. La Kindle Oasis, sa concurrente la plus immédiate, n’est qu’à 249€. Et on trouve à moins de 200€ l’excellente InkPad 3 de TEA.

La question est : la Kobo Forma vaut-elle vraiment son prix ? Après six mois, je dois bien avouer que je reste assez mitigé. Aussi sympathique soit cette liseuse, elle reste à mon sens un peu trop onéreuse. Pour les détails sur le pourquoi du comment, ça se passe dans les paragraphes suivants.

Ecran, mon bel écran, qui est le plus beau ?

L’encre électronique : je trouve personnellement cette technologie incroyable. Elle consomme peu et permet une lecture qui ne fatigue pas les yeux grâce à l’absence de rétro-éclairage. De plus, les écrans E-ink possèdent une texture assez particulière et une couleur qui n’est pas sans faire penser aux bons vieux livres papier. Bref, je suis fan !

Ecran 300 ppi Kobo Forma

De ce côté-ci, la Kobo Forma ne m’a pas déçu. L’écran bord-à-bord permet un entretien facile. Je peux même passer la machine sous l’eau puisqu’elle est étanche, c’est idéal pour un bon gros nettoyage tous les mois.

Kobo Forma étanche

La dalle de 8″ offre une définition de 300 ppi, le top à l’heure actuelle. Pas de soucis de pixels tout moches, les caractères sont finement ciselés. Moi qui suis un grand amateur de mangas et autres bandes dessinées, je dois bien avouer que l’écran de la Kobo Forma a su m’apporter pleine satisfaction ces derniers mois. Tout comme celui de ses concurrentes 8″ d’ailleurs.

De l’éclairage frontal plein les yeux

L’éclairage frontal sur une liseuse est pour ma part aussi indispensable que le sucre dans mon lait le matin. Je n’envisage pas l’usage d’une liseuse sans cette technologie. Il faut dire que j’aime lire le soir sous la couette, même quand madame dort depuis longtemps.

La Kobo a su m’accorder pleine satisfaction ces derniers mois. Je dois avouer que la gestion de son éclairage est plutôt futée. La colorimétrie est gérée automatiquement, mais c’est à l’utilisateur de prendre en main le contrôle de l’intensité lumineuse. Pour ça, il suffit de glisser le doigt sur le côté gauche de l’écran. On prend vite le coup et l’ensemble fonctionne harmonieusement.

Eclairage frontal liseuse

Malheureusement, rien n’est jamais parfait… Une fois allumé, l’écran présente une zone grise sur les bords, ce qui est loin d’être élégant. Et sur une liseuse à presque 300€, ça reste encore plus dur à avaler.

Je vais de plus passer pour un pinailleur, mais la TEA Touch HD Plus permet des réglages bien plus poussés pour la gestion de l’éclairage frontal. Je gage toutefois que la Kobo Forma saura apporter satisfaction à la plupart des utilisateurs avec son éclairage frontal original.

L’ombre d’Amazon rôde

Nous avons bien fait le tour du physique, passons maintenant au cerveau de la machine : son système d’exploitation. Sans surprise, c’est un OS propriétaire qui fait tourner l’engin. J’ai eu l’occasion de bien le poncer pendant ces derniers mois, il n’a donc plus de secrets. En même temps, il faut bien avouer que le côté logiciel de la Kobo Forma n’est pas vraiment compliqué à appréhender. C’est même plutôt l’inverse.

Si vous n’avez jamais utilisé de liseuse, alors ça peut être une bonne idée de choisir la Kobo Forma. Toute la navigation s’effectue par un menu déroulant situé en haut à gauche de l’écran.

Interface liseuse Kobo

On y retrouve les composants classiques : bibliothèque, magasin, paramètres globaux, etc… Difficile de faire plus simple !

Cette philosophie se rapproche fortement de celle d’Amazon avec ses Kindle Paperwhite et compagnie. Les débutants y trouveront leur bonheur. Pour ma part, j’aurais aimé avoir plus de choix dans mes réglages, mais bon… Je suis un fanatique de la bidouille, donc mon objectivité n’est pas forcément au top ici.

Une liseuse (un peu) ouverte

Bien qu’elle ressemble fortement à Amazon de par sa philosophie, la Kobo Forma tire son épingle du jeu avec un modèle plus ouvert. Concrètement, ça veut dire qu’elle supporte le format EPUB. Dans le monde du livre numérique, c’est LE format principal. Vous pouvez donc acheter des livres sur 7switch, ils seront compatibles avec la liseuse canadienne. Inutile de dire que j’étais content de pouvoir transférer mes 500 bouquins et des poussières au format EPUB avec un simple copier/coller !

Par contre, les choses se gâtent quand on commence à acheter sur la boutique en ligne Kobo. Tous les livres numériques sont protégés par les DRM Adobe. Et ça, c’est bien lourd.

A moins de passer par Calibre avec les plug-in adéquats, vous ne pourrez pas transférer vos livres sur une autre liseuse, sauf si elle prend en compte Adobe ID. Bref, c’est lourd, très lourd, trop lourd. J’ai donc vite abandonné la boutique officielle intégrée sur la Kobo Forma pour aller dans une crèmerie plus ouverte et sans DRM.

Mangas et BD ? Oubliez !

Pour ma part, le principal atout d’une liseuse grand format est qu’elle permet de lire des bandes dessinées, mangas et autres œuvres avec de grosses images. La InkPad 3 est d’ailleurs un modèle dans ce domaine comme le démontre notre comparatif. Vous savez quoi ? Ce n’est pas du tout le cas de la Kobo Forma…

On pouvait espérer que l’OS orienté grand public de la liseuse lui autoriserait une lecture simple et efficace des bandes dessinées. Dans l’absolu, si vous restez dans les clous du magasin Kobo, il n’y aura pas de soucis. J’ai ainsi acheté quelques mangas sur la boutique, ils sont adaptés à merveille à la taille d’écran.

Lecture PDF sur Kobo Forma

Par contre, quand j’ai voulu transférer mes autres mangas au format PDF, c’est vite devenu plus erratique… La liseuse affichait une grosse marge blanche sur les côtés de chaque page. Par conséquent, les caractères devenaient difficilement lisibles à cause de cette réduction de format. Et contrairement à la InkPad 3, les options de redimensionnement sont presque inexistantes sur la Kobo Forma… J’ai donc rapidement abandonné la lecture de mangas/BD/comics sur cette machine, du moins pour ceux ne provenant pas de la boutiques officielle.

Police, ne bougez pas !

S’il y a bien une chose que j’aime sur les liseuses, c’est leur capacité à adapter la police de caractère à toutes les sauces. La Kobo Forma est d’ailleurs l’une des plus complètes sur ce point. Elle intègre ainsi 12 polices natives, dont une pour les dyslexiques. On peut aussi jouer sur l’espace interligne, ainsi que les marges et la justification. En bref, c’est vous qui décidez de l’aspect de votre livre numérique dans les moindres détails.

Gestion polices Kobo

Si j’ai apprécié la gestion de la police, je dois bien avouer que j’ai eu plus de mal avec celle de la bibliothèque. Pour information, j’utilise Calibre pour gérer mes centaines de livres numériques. J’édite donc avec grand soin et depuis des années les méta-données et autres informations utiles au classement d’une telle quantité d’e-books. Malheureusement, la liseuse canadienne n’est pas aussi poussée que je l’aimerais pour gérer tout ce bazar…

Il m’est ainsi impossible de trier la bibliothèque selon mes étiquettes : SF, Fantasy, Policier, etc… Le classement par série ne semble pas fonctionner non plus, du moins sur mes livres modifiés avec Calibre. Pourtant, ça marche à merveille sur la InkPad 3 de TEA. En bref, ce côté-ci de la liseuse canadienne m’a particulièrement déçu durant ces derniers mois.

Une autonomie dans la bonne moyenne

Vous êtes arrivé jusqu’au bout de ce test sans lâcher l’affaire ? Bravo, vous êtes aussi endurant que la Kobo Forma !

Comme nombre de ses comparses, la liseuse 8″ propose une belle autonomie. En moyenne sur ces derniers mois, j’ai tenu environ trois semaines pour chaque charge. J’utilise la machine au quotidien à raison d’une heure ou deux, dont une partie dans la nuit, ce qui sollicite l’éclairage frontal. Inutile de dire que je suis très satisfait de l’autonomie de la Kobo Forma, surtout que je la laisse en veille quand je ne l’utilise pas.

Conclusion

Alors, six mois après sa sortie, est-ce que je recommanderai la Kobo Forma ? C’est majoritairement un grand oui. Ce sont avant tout son ergonomie et son grand écran qui m’ont séduit. L’interface très simple permet de vite se plonger dans la lecture. Et puis je n’ai pas peur de l’abîmer grâce à sa résistance aux chocs et son étanchéité. Elle rejoint donc en premier ma valise quand je pars en voyage.

Bien évidemment, tout n’est pas rose. La gestion limitée de la bibliothèque me laisse sur ma faim quand je dois gérer mes centaines d’e-books. La gestion des PDF est largement inférieure à la concurrence, ce qui me limite pour la lecture de mes mangas. N’oublions pas non plus la connectique limitée, avec une absence de prise en charge des livres audio. J’imagine que ces “détails” rebuteront les lecteurs les plus exigeants, mais ne resteront que des détails pour les autres.

Je vous recommande donc cette machine si vous cherchez une liseuse solide, ergonomique et clé en main. Prévoyez toutefois un budget conséquent, c’est actuellement la liseuse 8″ la plus onéreuse du marché.

7.5 sur 10
Avantages Ergonomie au top / Interface très simple / Support du format EPUB / Étanche et résistante aux chocs / Eclairage frontal Inconvénients Gestion de la bibliothèque perfectible / Lecture des PDF perfectible / DRM Adobe partout / Pas de gestion des livres audio / Connectique limitée / Prix très élevé
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